La FSA fait son mea culpa au sujet de la chute de RBS
Dans son rapport sur la quasi-faillite de RBS en 2008, la Finance Services Authority (FSA) britannique tire à boulets rouges sur le management de la banque et les responsables politiques de l’époque, et reconnaît à demi-mot sa part de responsabilité dans la chute de l’établissement désormais détenu à 82% par l’Etat britannique.
Le rapport retient six facteurs ayant conduit à l’effondrement de RBS : un niveau de capital insuffisant, une dépendance exagérée au financement de court terme, une qualité incertaine des actifs, des pertes de trading, l’acquisition inconsidérée d’ABN Amro et la crise financière. «Il y a eu une attention insuffisante portée sur les questions prudentielles essentielles de capital et de liquidité, et une attention inadéquate donnée aux risques des activités clés et aux questions de qualité des actifs», souligne le rapport.
Selon les règles prudentielles actuelles, le ratio de fonds propres durs de RBS aurait été d’à peine 2% en 2007, soit largement insuffisant pour racheter ABN Amro. RBS avait acquis sa participation dans la banque néerlandaise en payant 4,3 milliards d’euros en actions et 22,6 milliards en numéraire largement financé par dette, dont 12,3 milliards à moins d’un an. En 2008, la banque essuyait une perte de 24 milliards de livres après sa nationalisation pour 45 milliards.
Ce rachat, qualifié de «pari risqué», a accentué la dépendance de la banque aux marchés de court terme qui ont progressivement cessé de lui prêter vu sa faible solvabilité. La FSA dénonce les «mauvaises décisions» prises par le management ainsi que l’autoritarisme du directeur général de l'époque Fred Goodwin. Toutefois, elle n’a pas constaté d’agissements malhonnêtes, ce qui l’empêche de poursuivre les fautifs en justice.
La FSA reconnaît d’ailleurs sa faute, admettant une surveillance trop lointaine de la situation de RBS, et n’avoir réagi qu’une fois la faillite inéluctable. Elle précise toutefois avoir suivi les consignes du Premier ministre de l’époque, Gordon Brown, qui prônait une supervision «light touch» (légère) pour préserver la compétitivité de la City.
Pour éviter une répétition du cas RBS, la FSA souhaite un débat sur les réformes à adopter. Elle recommande notamment d’empêcher les dirigeants de banques conduites à la faillite de retrouver des postes à responsabilité ou encore qu’une «part très significative» de leur rémunération soit annulée en cas de banqueroute.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer