La France relève le coussin contracyclique imposé aux banques
Rançon du dynamisme du crédit, les banques vont voir le coussin contracyclique augmenter. Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), qui s’est réuni lundi sous la présidence du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, a décidé d’adopter la proposition du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, d’augmenter de 25 points de base le coussin contracyclique des banques. Cette surcharge en fonds propres, qui sera notifiée le 2 avril à la BCE pour non-objection, passera de 0,25% des actifs pondérés par les risques des banques françaises et étrangères (Espace économique européen) sur leurs expositions en France à 0,5% à partir du 2 avril 2020.
Le HCSF a invoqué dans un communiqué l’endettement du secteur privé non financier, qui a continué de croître depuis l’activation du coussin contracyclique en juin dernier. Il atteignait 133,3 % du PIB au troisième trimestre 2018, dont 59,2% pour les ménages et 74,1% pour les sociétés non financières. «La dynamique observée ces dernières années a conduit la France à un taux d’endettement des agents privés non financiers aujourd’hui élevé et qui est supérieur à la moyenne de la zone euro comme à ceux de nos principaux partenaires», insiste le HCSF. La conséquence, notamment, d’une croissance toujours soutenue du crédit aux entreprises, celui aux PME affichant notamment une progression de 6,3% sur un an en janvier, ainsi que du crédit aux ménages, qui a progressé de 5,5% en janvier, en rythme annuel.
«Les banques françaises ne comprennent pas cette décision, qui n’est pas cohérente avec la politique monétaire (de soutien au financement de l’économie) de la Banque centrale européenne», a réagi la Fédération bancaire française dans un communiqué. «Cette mesure ne paraît pas non plus justifiée par un accroissement des risques liés au crédit», poursuit la FBF, soulignant que, selon la Banque de France, les banques françaises affichaient en 2017 un coût du risque en baisse de 18%, au plus bas depuis 2007.
Le HCSF a toutefois précisé que le coussin contracyclique pourrait être relâché, avec effet immédiat, en cas de retournement du cycle financier, par exemple si les conditions d’octroi de crédit bancaire se durcissaient ou si la demande de prêts par les particuliers et les PME s’essoufflait. Les banques disposeraient ainsi immédiatement d’une réserve pour préserver leur offre de crédit.
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