La Financière des Paiements Electroniques remue l’économie bancaire
Le compte Nickel est la première offre de la Financière des paiements électroniques (FPE), qui vient d’obtenir l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) comme établissement de paiement. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il prend à contre-pied le discours des banques.
Alors que les clientèles fragiles sont délaissées, «Nickel» ne pose pas de condition de ressources ni de patrimoine, interdits bancaires compris. Autre originalité, FPE ne dépend d’aucun réseau bancaire: elle a noué un partenariat avec Bimedia, qui équipe en terminaux 4.900 buralistes. L’ouverture du compte s’effectue via une borne de numérisation «en cinq minutes», assure FPE. Les dossiers d’agrément des buralistes auprès de l’ACP sont en cours de constitution.
FPE met également l’accent sur le caractère abordable de l’offre: en plus d’un coût d’acquisition de 20 euros et d’un abonnement de 20 euros par an (qui inclut carte de paiement MasterCard et gestion du compte à distance), «nous travaillons à ce que les tarifs soient trois fois inférieurs à la moyenne du marché, soit une cinquantaine d’euros par an», affirme Hugues Le Bret, président du comité de surveillance de FPE, ancien dircom de la Société Générale et ex-patron de Boursorama. Sans crédit ni découvert, il n’y a donc pas de commissions d’incidents.
Les clients, dont l’argent sera placé dans un compte séquestre logé au Crédit Mutuel Arkea, seront avertis par SMS des prélèvements à venir. «Les banques répètent pourtant qu’il leur est impossible de prévenir le détenteur du compte avant de prélever des frais», s’amuse Maxime Chipoy, chargé d’études à l’UFC-Que Choisir.
FPE veut dépasser les 100.000 comptes (son point d’équilibre) en 18 mois, après un lancement grand public début 2014. Même s’il s’adresse à tous, le compte Nickel est susceptible d’intéresser d’abord les «exclus» bancaires. «Il y en a 30 millions en Europe», rappelle Ryad Boulanouar, président de FPE, dont les ambitions s’étendent au Vieux Continent. Mais les banques s’inquiéteront probablement davantage de la version 2 du compte: l’offre pourrait être ouverte dès 16 ans et proposer une formule d’épargne.
Pour se développer, la société a levé 11 millions d’euros, dont 2 millions seront finalisés fin juin. Si ses collaborateurs détiennent 54% de son capital, FPE compte aussi des investisseurs (dont les PDG de Spotless et d’Allociné), ainsi que ses partenaires techniques Suncard et Bimedia (12%).
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