La finance de l’ombre plane sur le bilan des banques chinoises
Les banques chinoises cherchent à assainir leur bilan. Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) a annoncé dans un communiqué adressé mardi à la Bourse de Shanghai que son conseil d’administration a approuvé un programme de cession de 70 milliards de yuans (8 milliards d’euros) de dette subordonnée de maturité inférieure ou égale à 5 ans dans les neuf prochains mois.
Parallèlement, Shanghai Pudong Development Bank a obtenu l’aval des autorités pour céder 18,4 milliards de yuans de dette subordonnée. Ces annonces font suite à des opérations similaires déjà effectuées par Agricultural Bank of China et China Construction Bank, à hauteur de 50 et 80 milliards de yuans. ICBC a déjà levé 170 milliards de yuans dans les deux dernières années, sur un total de 640 milliards glanés par l’ensemble des banques du pays durant cette période. Ces fonds sont destinés à venir renforcer les capitaux propres du secteur bancaire chinois.
L’autorité de régulation chinoise a enjoint aux cinq plus gros prêteurs du pays d’atteindre un ratio de solvabilité supérieur à 11,5% d’ici la fin de l’année. Un ratio a minima puisqu’au 30 juin, ICBC dépassait déjà le seuil fixé par le régulateur. La banque centrale avait indiqué le mois dernier que les nouvelles exigences contraindraient les banques du pays à lever environ 500 milliards de yuans dans les cinq prochaines années.
L’économie chinoise a connu ces deux dernières années une explosion du crédit en dehors de canaux traditionnels de distribution dans une proportion qui est devenue «trop importante pour être ignorée» estime GaveKal. La société de gestion juge que les montants en jeu ont atteint 17.000 milliards de yuans mi-2011, soit 25% des crédits totaux. Plus inquiétant, le «shadow banking», la finance de l’ombre peu ou pas régulée, représenterait 40% des nouveaux crédits fin juin.
La dette des collectivités chinoises pesait 10.700 milliards de yuans, soit 21% du PIB 2010, dans le bilan des banques au 30 juin. Or, un quart de ces encours expirent d’ici la fin de l’année, 17% en 2012 et 11% en 2013. Moody’s estime que les défaillances de crédit passeront de 1% des créances totales à 8% ou 12%.
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