La Fed livre le détail de ses opérations de financement durant la crise
La volonté de transparence de la Fed met les banques en pleine lumière. Si le montant global des prêts consentis aux banques au cœur de la crise financière a déjà été révélé, la Réserve fédérale américaine s’est finalement résolue à livrer cette nuit le détail par établissement, à l’issue d’une longue bataille pour la liberté de l’information menée par Bloomberg News et Fox Business Network. «La Fed pensait que les établissements concernés pourrait pâtir de ces informations» explique Raymond Stone, économiste chez Stone & McCarthy Research. En avril 2008, 80 milliards ont été distribués aux établissements financiers.
Parmi eux, Goldman Sachs tient le record du plus gros emprunt jamais consenti en période de crise. D’un montant de 15 milliards de dollars, il a été réalisé le 9 décembre 2008 à un taux de 1,16%. La banque américaine a même emprunté quelques jours plus tard 200 millions à un taux exceptionnellement bas de 0,01%. Le taux le plus élevé de 3,76% a été consenti à RBS pour un montant de 10 milliards en octobre 2008, un mois après la faillite de Lehman Brothers.
Goldman Sachs n’a pourtant été ni la seule à venir se servir au guichet de la Fed, ni la plus gourmande. UBS, RBS et Lehman ont chacun réalisé des emprunts de 10 milliards. Par ailleurs, le montant total emprunté par Goldman Sachs s’est monté à 53,4 milliards, alors que Credit Suisse est allé au comptoir de la Fed à 57 reprises pour un total de 259,3 milliards, et Deutsche Bank à 37 reprises pour un total de 101 milliards. «Credit Suisse était créditeur net durant la crise et mettait entre 30 et 70 milliards de liquidités disponibles aux banques centrales chaque jour » explique une porte-parole au Wall Street Journal.
Suite au gel du marché «repo» après la chute de Bear Stearns, la Fed a permis aux banques d’allonger leur durée de remboursement de 1 à 28 jours afin de leur garantir une quantité de liquidités suffisante pour maintenir leurs opérations. «Ces opérations ont été conduites en mettant en concurrence les établissements d’une manière ouverte et transparente» s’est défendu un porte-parole de la Fed de New-York cité par le Wall Street Journal. D’ailleurs, l’ensemble des prêts sur ce type d’opérations ont été intégralement remboursés. «La Fed ne souhaitait pas seulement financer les établissements, mais rendre le marché des MBS plus liquide» rappelle Raymond Stone.
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