La dépendance des banques espagnoles à la BCE inquiète
Les banques espagnoles sont celles à qui la Banque centrale européenne a le plus prêté à l’occasion de son injection de liquidités à trois ans (LTRO) fin février. Elles auraient emprunté 36% des 529 milliards d’euros libérés par la BCE, contre 26% pour les banques italiennes, estime Padhraic Garvey, stratégiste taux chez ING, sur la base des données publiées dernièrement par les banques centrales nationales. A fin mars, le secteur bancaire espagnol avait emprunté un montant record de 316 milliards d’euros à la BCE, contre 172 milliards en février, avant la LTRO à trois ans. Les banques italiennes ont elles aussi profité des opérations de refinancement de la banque centrale. Le volume emprunté par ces dernières est passé de 194 milliards fin février à 270 milliards fin mars.
Le montant emprunté par le secteur bancaire espagnol représente 8,6% des actifs du secteur national, un niveau à mi-chemin entre les 10 à 12% affichés par les secteurs grecs, irlandais et portugais, totalement dépendants de la liquidité offerte par les banques centrales et les 6,5% du secteur bancaire italien.
D’un côté, les injections de la BCE ont bien rempli leur objectif. «Les banques en général, italiennes et espagnoles en particulier, sont maintenant bien financées et la demande de liquidité sur le marché est à présent très basse», observent les stratégistes de Barclays Capital. De l’autre, le risque que les banques espagnoles aient aussi utilisé les fonds levés pour acheter de la dette souveraine domestique préoccupe les marchés. C'était certes l’un des objectifs implicites des LTRO, mais les obligations d’Etat espagnoles étant de nouveau malmenées, l’inquiétude monte.
De décembre 2011 à février 2012, le secteur bancaire espagnol a acquis pour 61 milliards d’euros de titres d’Etat, toutes nationalités confondues, mais sans doute principalement espagnols, après une activité quasi nulle les cinq mois précédents, selon les données sur M3 publiées par la BCE. Sur la même période, les banques italiennes ont été plus modérées avec 43,3 milliards d’euros de titres souverains achetés. La prochaine publication de M3 attendue le 30 avril permettra de mesurer l’activité des banques espagnoles après la deuxième LTRO à 3 ans.
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