La dégradation d’Atradius par S&P secoue le secteur de l’assurance crédit

Dans la foulée de l’Espagne, Atradius est passé de A- à BBB, un niveau de notation qui complique sa capacité à souscrire des risques
Virginie Deneuville

A la suite de dégradations en cascade, Atradius voit sa situation mise à mal. Après avoir dégradé la note de l’Espagne, Standard & Poor’s (S&P) a réduit celle de Grupo Catalana Occidente (GCO) et de sa filiale d’assurance crédit Atradius, de A- à BBB, la séparant de deux crans du statut «junk». La perspective est négative. «Nos critères permettent un différentiel d’un cran entre les activités cœur de l’assureur espagnol GCO et la notation de l’Espagne», relève S&P.

Cette décision a secoué les professionnels, qui redoutent une modification de la donne au sein du secteur. Avec plus d’un milliard d’euros de primes par an, Atradius dispose d’une part de marché de plus de 30%. «La plupart des grandes sociétés, quel que soit le secteur, requièrent comme préambule une notation A de l’assureur», relève un courtier, qui ajoute ne jamais avoir réalisé de contrats avec un assureur présentant une notation inférieure.

«Cette dégradation pourrait profiter aux autres acteurs dominant le marché, à savoir Euler Hermes et Coface», estime Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon. La note de solidité financière d’Euler Hermes chez S&P est AA- (Aa3 chez Moody’s), tandis que celle de Coface (A-) a été retirée en septembre 2010. La filiale de Natixis est en revanche notée AA- par Fitch et A2 par Moody’s. Atradius souligne toutefois qu’il bénéficie d’une notation A chez AM Best, l’agence spécialisée sur le secteur de l’assurance.

«Une critique générale émerge sur la méthode des agences, celles-ci dégradant automatiquement les sociétés financières d’un pays à la suite de la dégradation de la note souveraine», relève Marnik Hinnekens. Si Atradius réalise 34,6% de ses revenus en Espagne, où le ratio de sinistres sur primes s’élève à 82,3%, contre 49,7% au niveau mondial pour le groupe (à fin 2011), l’assureur crédit a renoué avec la rentabilité depuis deux ans, souligne le responsable de la recherche crédit.

Selon ce dernier, Atradius aura aussi désormais plus de difficulté à accéder au marché obligataire. A l’heure actuelle, «seule une émission subordonnée, dont l’échéance est 2024 et le montant 120 millions d’euros, est sur le marché. Le call, en 2014, ne sera probablement pas exercé», explique Marnik Hinnekens.

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