La crise européenne affecte les comptes de la Banque Postale
Les résultats financiers 2011 du groupe La Poste, publiés le 9 mars, l’avaient déjà laissé entendre: sa filiale bancaire n’a pas échappé aux tourments de l’été. Le plan de résolution de la crise grecque, qui a conduit la Banque Postale à déprécier ses obligations d’Etat de 72%, lui a coûté 241 millions de résultat d’exploitation et 157 millions de bénéfice net. Lesquels se sont respectivement repliés de 46% et 37%, à 390 et 412 millions d’euros. Son exposition directe à la Grèce s’est réduite à 45 millions, contre un milliard un an plus tôt.
Mais les déboires d’Athènes ne sont pas seuls en cause, puisque hors Grèce, le résultat d’exploitation recule encore de 13%. Il a subi la crise générale sur les dettes souveraines. «Le décret du 28 février 2000 oblige la banque à placer ses excédents dans la dette souveraine de l’OCDE. Notre choix s’est concentré sur l’euro», explique Philippe Wahl, le président du directoire.
Cette politique a ricoché sur les revenus de la banque: la baisse des rendements des titres souverains et le développement de ses activités ont pesé sur sa marge d’intérêts. Grâce à l’appréciation de 2,2% des commissions nettes, le produit net bancaire (PNB) ressort stable à 5,23 milliards d’euros.
Le coût du risque hors Grèce progresse de 17 millions d’euros à 77 millions, soit 0,21% des encours. C’est la conséquence du développement du crédit à la consommation, dont l’encours a été multiplié par 2,5 par rapport à 2010, son année de lancement (à 1,89 milliard). Après trois mois de commercialisation, les encours de crédit aux personnes morales s’élèvent à 700 millions.
Philippe Wahl s’estime en bonne voie d’atteindre en 2015 l’objectif de 11 millions de clients actifs, contre 10,38 millions fin 2011 (+3,3% sur un an). Les prochains mois verront la mise en place d’un dispositif multicanal total, ainsi que la fin du déploiement commercial de la banque (crédit renouvelable, crédit-bail immobilier, affacturage…). La société commune avec la CDC pour les collectivités locales, lancée fin juin, prévoit l’alignement des positions de liquidité entre l’établissement et ses clients. «Nous n’aurons pas de position spéculative en jouant sur le refinancement des maturités», promet Philippe Wahl.
Le président a également affirmé l’objectif d’un ratio de fonds propres durs core tier one «toujours» supérieur à 10%, y compris sous Bâle 3. Le ratio atteignait 12,7% fin 2011.
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