La crise contraint Commerzbank à un recentrage drastique
L’impact de la crise grecque et des turbulences sur les marchés financiers témoigne de la fragilité persistante de Commerzbank. Une décote de 800 millions d’euros sur ses obligations grecques a fait plonger dans le rouge les comptes de la deuxième banque allemande au troisième trimestre. La perte opérationnelle de 855 millions d’euros dépasse même de loin les estimations des analystes qui s’attendaient à 683 millions d’euros seulement.
Le groupe est donc contraint de renoncer à son objectif de réaliser cette année un bénéfice opérationnel nettement supérieur à celui de 2010 (1,4 milliard). L’abandon de cet objectif était certes prévisible après l’avertissement lancé en juillet et la chute du résultat au deuxième trimestre, mais les investisseurs n’en ont pas moins été surpris par la brutalité du coup de frein cet été. La déception est d’autant plus grande que Commerzbank abandonne également son objectif 2012 d’un bénéfice opérationnel de 4 milliards d’euros. «Nous restons attachés à cet objectif initial, mais compte tenu de l’environnement de marché nous ne serons pas en mesure de l’atteindre d’ici à la fin de l’année prochaine», explique Martin Blessing, le président du directoire.
La nouvelle priorité du groupe est désormais de se conformer aux exigences du superviseur bancaire européen (EBA) sur les fonds propres et de lever près de 3 milliards d’euros nouveaux. Pour y parvenir sans l’aide de l’Etat allemand qui détient déjà 25% de son capital, Commerzbank doit se soumettre à une sévère cure d’austérité. «Nous pouvons atteindre le ratio de capital requis en réduisant les actifs risqués dans certaines régions non stratégiques, en cédant des actifs et en conservant des bénéfices», a souligné Martin Blessing.
La banque va donc temporairement renoncer à «toute nouvelle activité de crédit sans lien avec l’Allemagne ou la Pologne», ses deux marchés clé. Il en va de même de sa filiale hypothécaire Eurohypo, lourdement affectée par la crise des subprimes, qui cessera d’allouer des prêts nouveaux. Commerzbank veut aussi réduire ses actifs pondérés d’au moins 30 milliards d’euros. Cette diète inclut la cession de toutes les participations non stratégiques. Seules sa banque en ligne Comdirect ainsi que sa filiale polonaise BRE Bank en seraient exclues. Le groupe a déjà annoncé la vente d’une de ses tours dans le centre de Francfort pour quelque 400 millions d’euros.
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