La criminalité financière fait flamber les coûts de la conformité
Les poursuites judiciaires sur fonds de blanchiment d’argent témoignent de la nécessité d’une forte réglementation du secteur financier. Mais le coût de la conformité en matière de criminalité financière n’est pas indolore. Dans une étude menée par le fournisseur de solutions LexisNexis Risk Solutions auprès de 380 décisionnaires de sociétés financières sur le marché EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) en 2020, le coût total prévu de la conformité en matière de criminalité financière atteint 117,5 milliards de dollars (97,31 milliards d’euros). En particulier, le coût total augmente de 18,1% sur un an en France (24,8 milliards de dollars), de 20,2% en Allemagne (57,1 milliards de dollars) et de 26,6% en Italie (20,2 milliards de dollars). 60% de ce coût est lié à la main d’œuvre (contre 62% en 2019), le reste étant lié à la technologie. Les secteurs juridiques, comptables et immobiliers sont ceux ayant le plus de risque en terme de criminalité financière.
Responsabilité personnelle accrue
«Les préparatifs pour les cinquième et sixième directives de l’Union européenne contre le blanchiment d’argent ont eu un impact y compris en termes de coûts associés à la formation supplémentaire et à la mise à jour des systèmes et processus», affirme le rapport. Si la cinquième visait à accroître la transparence, la sixième, qui devait être transposé dans les droits nationaux le 3 décembre 2020 au plus tard, fixe des normes minimales dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent avec une plus grande responsabilité personnelle imputable au personnel de conformité.
Les conséquences du Covid-19
La situation sanitaire n’est pas sans effet sur ce domaine. «La pandémie a offert de nouvelles cibles aux criminels, y compris les produits médicaux contrefaits, la fraude et la cybercriminalité», rapporte le rapport. Les conséquences sont doubles. D’abord, «en raison des défis connexes du Covid-19, les délais moyens de contrôlé diligent ont augmenté de 33% dans l’ensemble.» Le télétravail, qui rend la surveillance plus difficile, et les fermetures imposées administrativement, qui raréfient la main d’œuvre, pèsent sur ces délais. Ensuite, les organisations attribuent au Covid entre 12% et 19% de la hausse du coût de la conformité financière constatée au cours des 12 derniers mois. Pire, plus de 50% des acteurs gérant moins de 10 milliards de dollars d’actifs s’attendent à ce que le virus augmente ce coût et 70% des acteurs gérant plus de 10 milliards de dollars d’actifs. Dans les deux cas, la hausse du coût anticipée est de 8%
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