La contraction des revenus des banques de détail en France s’accélère
Les temps sont durs pour les réseaux bancaires en France. A l’exception de BPCE, et en attendant les chiffres du Crédit Mutuel et de la Banque Postale, les résultats du troisième trimestre 2014 confirment que les revenus de l’activité sont sous pression. Les caisses régionales de Crédit Agricole (-4,5%), LCL (-4,6%), la Société Générale (-3,2%) et BNP Paribas (-2,2%) ont subi une contraction sur un an de leur produit net bancaire (PNB) entre juillet et septembre, et à un rythme supérieur à celui du premier semestre.
En excluant les provisions liées à l’épargne-logement, le rythme de baisse des revenus serait certes inférieur d’environ deux points (sauf pour BNP Paribas, qui en tient déjà compte). Les banques invoquent aussi un troisième trimestre 2013 favorable: le pic de renégociations de crédit immobilier et de remboursements anticipés leur avait alors profité.
Reste que ces résultats annoncent plusieurs années de vaches maigres. Le plafonnement par la loi des commissions d’intervention au 1er janvier 2014 se fait sentir. Les commissions sur gestion de comptes et moyens de paiements ont par exemple plongé de 7,3% en un an dans les caisses de Crédit Agricole, première banque de détail en France. S’y ajoute l’impact des taux bas, parti pour durer en zone euro, ainsi que la faiblesse de l’activité économique. Dans certains réseaux (BNP Paribas, Société Générale), les encours de crédit baissent, avec l’impact que cela suppose sur le PNB. Si les Caisses d’Epargne résistent, elles le doivent au contraire à la hausse de leurs encours (+5,6% en un an) et à la baisse des taux du Livret A, dont le poids reste élevé à leur bilan, tandis que les Banques Populaires semblent rattraper plusieurs années de sous-performance.
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