La colère monte contre les dirigeants de Credit Suisse
Trop c’est trop. Les actionnaires de Credit Suisse montrent clairement des signes de défiance envers la banque après le nouvel épisode ayant mis en difficulté sa gestion des risques. Depuis la débâcle du fondsArchegos, le cours de la banque a chuté de près de 17% en moins de 48 heures. A la mi-journée ce mardi 30 mars, le cours de la banque accusait un recul de plus de 2%, après une chute de 14% lundi, alors que l’indice des banques européennes rebondissait de 1,8%. Si les marchés avaient été conciliants avec Credit Suisse à la suite de l’affaire Greensill – le cours de Bourse n’avait baissé que de quelques pourcents début mars lorsque cette affaire a été dévoilée -, ce n’est pas le cas cette fois-ci.
Et les voix se font entendre à l’encontre de l’équipe dirigeante. Ethos, une organisation actionnariale suisse pour le développement durable, a estimé que les actionnaires de Credit Suisse devraient voter contre la rémunération du conseil d’administration et des principaux dirigeants lors de la prochaine assemblée générale, rapporte Reuters. « Ces nouveaux dossiers s’ajoutent à un nombre incroyable de défaillances de la gouvernance », a déclaré son directeur général, Vincent Kaufmann à l’agence de presse.
Ce n’est pas la première fois que la fondation Ethos s’érige contre les dirigeants de la banque suisse. En avril 2020, la fondation avait appelé les actionnaires à voter contre la réélection du président du conseil d’administration de Credit Suisse, Urs Rohner, après le scandale d’espionnage d’anciens employés. De fait, ce dernier ne se représentera pas à la prochaine assemblée générale de la banque le 30 avril 2021 et sera remplacé par António Horta-Osório.
De son côté, l’agence AWP rapporte qu’Harris Associates, actionnaire à 5% de la banque suisse, exige que ce même Urs Rohner renonce à sa rémunération, non seulement à cause des événements récents, mais aussi pour sa gestion passée.
Ensuite, avec des pertes qui pourraient atteindre 3,5 milliards d’euros, des analystes estiment que les rachats d’actions et les dividendes de la banque pourraient être remis en cause par cette nouvelle défaillance du contrôle des risques de la banque. Ces incertitudes sur la manière dont vont être traités les actionnaires peut d’ailleurs expliquer, en partie, la chute du titre.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants crédit se montrent légèrement plus optimistes
Les gérants interrogés dans le cadre du Panel Crédit de L’Agefi restent prudents, avec une exposition à la classe d’actifs et une perspective sur les spreads « neutre », mais ils abordent la période estivale avec plus de sérénité. -
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Hommage public à Ali Khamenei : des milliers d’Iraniens rassemblés à Téhéran
Quatre mois après sa mort dans des frappes israélo-américaines, la dépouille d’Ali Khamenei est exposée à Téhéran à partir de ce samedi 4 juillet. Les autorités iraniennes entendent faire de ces funérailles, organisées sur six jours, une démonstration de force, alors que le régime islamique poursuit ses négociations avec Washington -
Présidentielle 2027 : Christine Lagarde envisage de quitter la BCE pour jouer un rôle dans l’élection
Dans un entretien paru le 3 juillet, la présidente de la Banque centrale européenne dit vouloir faire entendre une « voix européenne » dans le débat autour de la prochaine présidentielle française. Sans envisager de candidature à ce stade, Christine Lagarde n’exclut pas de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027 -
Face à la Chine, l’UE se dit prête à mobiliser tous ses outils de défense commerciale
La Commission européenne maintient le dialogue avec Pékin, mais prévient qu’elle est prête à réagir si les négociations sur les tensions commerciales n’aboutissent pas