La Chine donne un coup de fouet à ses valeurs bancaires
Central Hujin, bras domestique du fonds souverain chinois, revient à la manœuvre. Mis sur pied en 2003, ce véhicule d’investissement public s’est engagé hier dans des rachats d’actions de grandes banques nationales, une démarche officiellement reconnue par les autorités et qui n’avait plus eu cours depuis septembre 2008. Selon l’agence de presse publique Xinhua, l’objectif de Huijin consiste à «soutenir les activités saines et le développement d’institutions financières publiques de premier plan et de stabiliser les cours de Bourse de banques commerciales publiques».
Agricultural Bank of China et Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) ont déjà fait savoir hier que le fonds avait acheté respectivement 39,1 millions et 14,6 millions de leurs actions cotées à Shanghai. Un mouvement qui va se poursuivre dans les prochains jours et qui devrait concerner au même titre deux autres poids lourds du secteur bancaire : China Construction Bank et Bank of China.
«Le gouvernement chinois agit pour afficher sa confiance car il estime que les valorisations actuelles sont un peu en dessous du niveau raisonnable», estime Victor Wang, analyste chez Macquarie Securities. L’impact sur les marchés boursiers a été immédiat. A la Bourse de Hong Kong, qui clôture plus tardivement que les marchés de Shanghai et de Shenzhen, l’indice Hang Seng a nettement progressé dans les derniers échanges. L’action ICBC, qui accuse un recul de presque 29% sur un an, a terminé la séance sur un gain de 1%.
Indépendamment de cette offensive sur les marchés boursiers, une autre intervention publique a été très remarquée hier. Alors que des investisseurs misent sur un affaiblissement du yuan en raison de signes d’essoufflement de l'économie, Pékin à laissé sa devise s’apprécier hier à Shanghai de 0,6% à 6,3486 dollars. Un niveau de clôture jamais observé depuis l’unification des taux de change à la fin de 1993, selon le China Foreign Exchange Trade System, et le gain journalier le plus important depuis la réévaluation du yuan en juillet 2005. Cette décision est à haute teneur politique alors que le Sénat américain doit voter aujourd’hui un projet de loi visant à taxer davantage les importations provenant de pays sous-évaluant leur monnaie.
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