La BRI propose d’associer ratio de levier et pondération des risques bancaires
La Banque des règlements internationaux (BRI) ne s’est pas contentée d’alerter sur les risques des politiques monétaires non conventionnelles dans son rapport annuel publié dimanche soir. L’institution s’appesantit aussi sur un autre sujet d’actualité, la pertinence de la mesure des risques qui figurent au bilan des banques. La BRI compare les avantages et inconvénients de deux méthodes, les actifs pondérés du risque (RWA), au cœur de l’approche Bâle 3 et dont le calcul repose souvent sur des modèles internes, et le ratio de levier, qui rapporte les fonds propres au bilan brut. Conclusion: il est souhaitable d’associer les deux approches.
S’agissant des RWA, les premières études des régulateurs ont en effet révélé «des variations dans les pondérations des risques entre banques plus élevées que prévu». La BRI suggère qu’une partie de la baisse des actifs pondérés provient «d’interventions des dirigeants dans les modèles qui déforment les estimations des risques à la baisse en sous-estimant les pertes potentielles». Pour l’institution, «de telles manipulations soulèvent des questions sur l’usage d’évaluations internes du risque pour déterminer les exigences prudentielles en capital».
L’analyse liste cinq explications aux différences de RWA entre banques, comme la structure des modèles, le bruit statistique ou encore les choix stratégiques des acteurs. Chacune devrait recevoir une réponse séparée. Mais la BRI juge légitimes les différences entre modèles, qui reflètent des visions différentes entre acteurs d’un même marché. «En l’absence d’une seule mesure objective du risque, cette diversité est souhaitable», affirme-t-elle.
Le ratio de levier est lui aussi critiquable, selon la BRI. De quoi rassurer les banques européennes qui voient dans le leverage ratio un cheval de Troie des Etats-Unis pour discréditer les normes Bâle 3. Sa simplicité «permet de mieux comparer l’application des règles prudentielles, mais ne donne aucune information au marché sur le profil de risque sous-jacent de la banque», regrette le rapport.
Le ratio de levier constitue cependant un bon indicateur avancé des difficultés d’une banque, plus précis que le ratio des fonds propres sur les actifs pondérés. Mais pour la BRI, qui se base sur des études statistiques, la combinaison des deux permet de prévoir de manière encore plus fiable la probabilité de défaut d’une banque.
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