« La branche devrait négocier un socle minimal d’augmentation pérenne »
Comment se présente la NAO de branche ?
Nous avons eu la première réunion le 23 novembre, deux autres sont prévues à la fin de cette année et début 2019. Ce cadre contraint n’est pas acceptable, car il est difficile de préjuger du nombre de rencontres nécessaires. Globalement, la situation n’est pas brillante. Il n’y a plus de reconnaissance. On raisonne de manière comptable sans donner de perspectives aux gens. On le voit chez BNP Paribas. Si cette banque parvient à verser des dividendes à ses actionnaires, il n’y aucune raison pour que les salariés ne récoltent pas aussi les fruits de la croissance.
Qu’attendez-vous de cette négociation ?
D’abord des mesures en faveur du pouvoir d’achat pour faire face au redémarrage de l’inflation. Et puis, sans faire de parallèle avec les Gilets jaunes, nous avons beaucoup de collègues en province qui ont de la route à faire… Certes, les six premiers groupes bancaires n’ont peut-être pas besoin des négociations de branche, mais la Fédération bancaire française compte 430 banques. Nous pensons que la branche devrait être la première à négocier un socle minimal d’augmentation pérenne, et pas seulement un relèvement des minima sociaux qui, de toute façon, sont inférieurs à la réalité des salaires et n’impactent pas grand monde.
Avez-vous des revendications particulières ?
Nous allons demander une révision de la garantie salariale individuelle (GSI) [article
41 de la convention collective de la banque, NDLR]. En 2017, elle a dû être déclenchée
pour 1.572 salariés n’ayant pas connu, au bout de cinq ans d’activité, d’augmentation totale cumulée supérieure à 3 %. Et elle concerne de plus en plus de cadre – 874 l’année dernière. Nous souhaitons réduire le délai d’application de la GSI et en relever le pourcentage. Ce qui inciterait les entreprises à regarder d’un peu plus près la situation individuelle de ses collaborateurs et à mettre en place des systèmes d’alerte.
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