La BCE livre dans un manuel la méthodologie qui servira à l’analyse du secteur bancaire

Le futur superviseur bancaire a promis une procédure rigoureuse. Les litiges et les frais de justice font partie des critères analysés par la BCE
La Rédaction

La Banque centrale européenne (BCE) prendra en compte les litiges futurs et leurs conséquences financières dans l'évaluation de la capacité des 131 premières banques de la zone euro à résister à d'éventuels chocs financiers, dont elle publiera les résultats avant d’assumer leur supervision à partir du 4 novembre. Le traitement des frais de justice figure dans un manuel de 72 pages publié vendredi, qui précise comment la BCE évaluera la masse de données rassemblées sur les banques et la manière dont ces informations seront utiliées pour établir des prévisions de pertes futures. «Nous consacrons un temps et des efforts considérables à rendre la procédure rigoureuse», a assuré Vitor Constancio, le vice-président de la BCE, ajoutant que cela la distinguait des précédents examens pratiqués par l’Autorité bancaire européenne (EBA), dont les résultats n’avaient pas été pris très au sérieux.

Les banques de la zone euro ont vu les amendes pleuvoir depuis que la BCE a planifié son examen l’an passé, à l’exemple de celle de 9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas par les Etats-Unis fin juin. La méthodologie présentée vendredi implique que les banques exposées à des frais de justice devront les défalquer de leurs futurs bénéfices à un horizon de trois ans. Les banques qui ne constitueront pas les provisions appropriées à cette fin, ou à d’autres, devront modifier leurs chiffres si la BCE découvre leurs manquements à l’occasion de la procédure de garantie de la qualité, a expliqué la BCE.

«La Fédération bancaire européenne (FBE) se félicite du manuel de la BCE car il apportera plus de clarté sur la manière dont les résultats de l’examen de la qualité des actifs (AQR) de la BCE interagiront avec l’exercice des tests de résistance de l’EBA», a déclaré Robert Priester, son directeur général adjoint. Les banques dont les comptes seront conformes aux calculs de la BCE auront droit à un «drapeau vert», celles qui seront nettement en dessous des estimations de la banque centrale se verront gratifier d’un «drapeau jaune» et elles seront sommées de s’expliquer. Pour celles qui n’auront pas employé la bonne méthode, ce sera le «drapeau rouge» et leurs chiffres seront corrigés ou remplacés par les estimations de la BCE.

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