La Banque royale du Canada acquiert une banque privée californienne
Le Canada se paye Hollywood. La Banque royale du Canada (RBC) a annoncé jeudi le rachat de City National, banque privée américaine basée à Los Angeles. Fondée en 1954, la dénommée «banque des stars» compte parmi ses opérations notables un prêt de 100.000 dollars à Frank Sinatra en 1963 pour payer la rançon de son fils kidnappé, ou un prêt 5,4 millions de dollars à Arnold Schwarzenegger en 2003 pour sa première candidature au poste de gouverneur de Californie.
Le rachat doit se faire pour 5,4 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros). La première banque canadienne par la capitalisation boursière offre 47,25 dollars en espèce et 0,7489 action par titre City National. Sur la base du cours de clôture de RBC mercredi, la cible est valorisée 93,80 dollars par action, soit une prime de près de 26% sur le dernier cours. Sa filiale RBC Capital Markets et JPMorgan ont conseillé l’acquéreur dans cette opération.
La seconde banque canadienne par la taille des actifs, qui gère 941 millions de dollars canadiens, renforce ainsi sa présence aux Etats-Unis, «pays que nous voyons comme notre second marché domestique», assure David McKay, son directeur général. Elle y emploie 7.800 personnes, dont 3.000 à New York, et y revendique la huitième place en gestion de patrimoine (340.000 clients) et la dixième en banque d’investissement.
City National gère 32,6 milliards de dollars d’actifs et a réalisé un résultat net de 256 millions de dollars en 2014, en hausse de 11%. Une fois l’opération bouclée, au quatrième trimestre, RBC prévoit d’intégrer City National, également présente à New York et dont le siège va rester dans la cité des anges, à sa filiale de gestion de fortune aux Etats-Unis. Elle sera dirigée par Russell Goldsmith, le président de City. RBC vise un impact positif de l’opération sur ses résultats financier à partir du deuxième exercice après son bouclage, et une participation au bénéfice par action à partir du troisième.
Il y a eu peu de grosses opérations de fusions acquisitions dans le secteur bancaire américain depuis 2007. RBC, qui avait vendu sa banque de détail basée en Caroline du Nord en 2005, a dépensé plus de 4,6 milliards de dollars depuis 2001 pour s’implanter aux Etats-Unis avant cette opération. A l’ouverture jeudi, l’action de City bondissait de 18% quand celle de RBC baissait de 3%.
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