La Banque Postale subit la morosité de la banque de détail
La Banque Postale reste le premier centre de profits de La Poste, avec un résultat d’exploitation de 851 millions d’euros en 2015 (+1,1%). Mais elle souffre, comme ses concurrentes, du ralentissement de la banque de détail en France. La filiale de La Poste a ainsi vu son produit net bancaire annuel augmenter de 0,5% seulement dans la banque de détail, révèlent les résultats du groupe publiés hier. Son premier métier (devant l’assurance et la gestion d’actifs) affichait encore une progression de 2,5% à fin juin, et de 1,2% sur l’année 2014.
L’enseigne fait moins bien que les réseaux français de la Société Générale (+3,3% en 2015), des Banques Populaires (+2,4%), du Crédit Agricole (+1,8%) et des Caisses d’Epargne (+1,1%), mais elle échappe sur l’exercice à la baisse d’activité subie par LCL (-1,3%) et BNP Paribas (-2,4%). La performance du Crédit Mutuel-CIC sera connue jeudi, en même temps que les résultats détaillés de La Banque Postale.
Cette dernière revendique une «bonne politique commerciale» malgré la refonte de sa distribution et de sa plate-forme bancaire, qui s’ajoute au contexte économique morose et à la faiblesse des taux d’intérêt. Ses encours de crédit à la consommation ont progressé de 12,9% et son stock de crédits immobiliers a connu «une forte hausse», « intégrant une partie de rachats externes ». Plus récente, son activité de crédits aux entreprises et au secteur public local a vu ses encours progresser de 50,4%.
La filiale de La Poste espère aussi tirer les fruits de l’élargissement de son offre d’épargne et d’assurance. Dans la gestion d’actifs, le PNB a crû de 32,4%, à 144 millions d’euros, « dynamisé notamment par le succès de nouveaux fonds (…) et par un effet favorable du marché actions ».
La croissance est aussi liée à un effet de périmètre. Outre son partenariat capitalistique avec Aegon AM, La Banque Postale AM a intégré Fédéris Gestion d’Actifs, se hissant à la cinquième place du marché français avec près de 177 milliards d’actifs gérés. Elle est aussi devenue actionnaire majoritaire de Ciloger.
La stratégie de consolidation touche aussi l’assurance, où le PNB a augmenté de 4,3%, à 186 millions d’euros. La Banque Postale s’est lancé dans l’assurance santé collective avec Malakoff Médéric et la Mutuelle Générale, en échange d’une prise de participation de ces derniers dans sa filiale d’assurance. Enfin elle doit finaliser ce trimestre son nouvel accord décennal avec CNP Assurances.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse