La Banque fédérative du Crédit Mutuel rachète à son tour sa propre dette

Contrairement à ses concurrentes européennes, la banque n’est pourtant pas contrainte de renforcer ses fonds propres d’ici fin juin 2012
Florent Le Quintrec

La Banque fédérative du Crédit Mutuel (BFCM) a décidé d’imiter ses concurrentes européennes en lançant une offre de rachat de sa dette hybride. La banque mutualiste a annoncé hier qu’elle lançait une offre de rachat de la totalité de ses obligations hybrides tier one portant sur un montant de 600 millions d’euros. Elle propose d’acquérir ces titres à 70% de leur valeur d’émission alors que ceux-ci se traitaient dernièrement à environ 62% du pair, selon Aurel ETC Pollak. BFCM versera également les intérêts cumulés depuis la date du dernier paiement. L’offre a démarré hier et prendra fin le 14 décembre.

Ces dernières semaines, Santander, Barclays, Commerzbank, BNP Paribas ou encore la Société Générale ont réalisé des offres d’échange ou de rachat d’instruments de capital hybrides afin de profiter de leur décote en proposant une prime plus ou moins importante par rapport à leur valeur de marché, et ainsi, de muscler leur capital.

Si les autres établissements réalisent de telles opérations pour se conformer aux exigences de l’Autorité bancaire européenne (EBA), «la situation de la BFCM est différente puisque celle-ci (…) n’a pas besoin de lever de fonds propres pour afficher un ratio core tier one de 9% d’ici fin juin 2012», note l’analyste d’Aurel. Le Crédit Mutuel a en effet été laissé à l'écart des tests de résistance bancaire. La BFCM affichait au 30 juin un ratio tier one de 11,2% mais n’indique pas le niveau de son ratio core tier one. Ce dernier s’élevait à 9,5% fin 2010 pour un tier one de 10,8%.

Pour Aurel, l’opération est un moyen de renforcer ses fonds propres en vue de la mise en œuvre des normes de Bâle 3 prévue pour 2013. «En effet, les obligations ‘callables’ avec step up ont une forte probabilité d’être disqualifiées à partir du 1er janvier 2013», prévient l’analyste. L’offre de la BFCM a pour objectif «d’améliorer encore davantage et de renforcer la qualité et l’efficacité de la base de capital de l’offrant, à travers la création de capital common equity tier one à la lumière des changements réglementaires», précise la banque dans le communiqué.

La BFCM ne sera pas la seule banque à racheter de la dette sans subir la pression des régulateurs. Le Crédit Agricole, sorti des tests sans besoins supplémentaires, envisage aussi de lancer ce type d’offre, mais sur un périmètre limité et avec des primes modérées, indique CA Cheuvreux.

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