La Banque de France prône la création de nouveaux produits d’épargne
La Banque de France pousse l’industrie financière à développer de nouveaux produits d’épargne qui conjuguent rentabilité et sécurité pour favoriser le financement de l’économie.
«Il nous paraît souhaitable que les professionnels puissent avoir une réflexion sur des produits qui sont à plus long terme, qui peuvent présenter des formes de garantie en capital au bout d’un certain temps mais qui permettent aux épargnants de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée», a déclaré hier le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à l’occasion de la présentation du rapport de l’Observatoire de l'épargne réglementée.
Aux yeux du gouverneur «l’épargne des Français et des Européens reste insuffisamment dirigée vers l’investissement et l’innovation», lesquels sont surtout financés par les actions. Ainsi l’encours des placements financiers des ménages investis en actifs non risqués représentait 127% du PIB en France en 2015, contre 108% dans la zone euro et 72% aux Etats-Unis. Entre 2005 et 2015, la part des placements financiers des ménages de l’Hexagone investis dans des contrats d’assurance-vie en euros est passée de 26% à 30,8%, tandis que la part des titres détenus directement est tombée de 35,6% à 31,9%. Quant à la part de l’épargne réglementée, elle a reculé de 17,9% à 15,7% sur la période.
«On ne transformera pas les épargnants européens en épargnants américains et je crois que cela n’est pas souhaitable», estime François Villeroy de Galhau. D’où l’importance de travailler à offrir davantage de sécurité aux épargnants, quitte à ce que la liquidité de leurs produits d’investissement ne soit pas maximale. La période actuelle d’épargne abondante et de taux bas constitue une «opportunité», selon le banquier central. Il insiste aussi sur le fait que la fiscalité ne doit pas désavantager les produits risqués par rapport aux produits non risqués.
Les contrats euro-croissance sont seulement «une amorce» dans le bon sens, selon le gouverneur. Créés en 2014, ils veulent offrir un rendement meilleur que les contrats en euros et un risque moindre que ceux en unités de comptes. La Banque de France estime cependant que la durée de détention minimale de 8 ans pour bénéficier de la garantie en capital «peut constituer un frein». La collecte sur ces nouveaux produits n’a été que de 773 millions d’euros en 2015, pour un encours d’environ 1,8 milliard d’euros.
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