La banque de détail de BNP Paribas décroche en Italie
Si BNP Paribas affiche une performance opérationnelle solide malgré son amende aux Etats-Unis, son activité de détail en Italie est à peine rentable au deuxième trimestre. Le bénéfice net total du groupe hors éléments exceptionnels progresse de 23,2%, à 1,9 milliard d’euros, alors que sa filiale italienne BNL réalise un résultat avant impôt de seulement… 1 million d’euros. Elle dégageait encore 16 millions de profits à fin mars et 70 millions un an plus tôt. Sa situation contraste avec le dynamisme de la Belgique, l’autre grand réseau de détail du groupe en dehors de la France. En Italie, «le scénario économique est plus difficile qu’annoncé», a concédé hier Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas.
Le produit net bancaire de BNL reste stable d’une année sur l’autre, à 812 millions d’euros, mais le coût du risque (364 millions) bondit de 24% sur un an et absorbe la quasi-totalité du résultat opérationnel. Rapporté aux encours, le taux de recouvrement de créances impayées doit chuter à 100 points de base (pb) dans le plan du groupe à horizon 2016, mais il a grimpé à 185pb au premier semestre 2014. Pour atteindre cet objectif, BNL compte industrialiser et accélérer le recouvrement de créances, et repositionner ses crédits vers les secteurs les moins risqués.
Ses encours de prêts reculent de 2,3% sur un an, tandis que les dépôts chutent de 7,9%, une «stratégie choisie» de ne pas participer à une coûteuse guerre des ressources, notamment auprès des entreprises. «L’Italie est sortie de la récession, mais elle n’est pas pour autant sur le chemin d’une croissance positive», explique François Villeroy de Galhau, directeur général délégué en charge de la banque de détail. Nous savions que 2014 serait l’année la plus difficile pour BNL, les choses s’amélioreront en 2015 et 2016.»
Un «plan d’adaptation» lancé en 2013 vise à «donner à BNL un meilleur niveau de rentabilité», rappelle Jean-Laurent Bonnafé. A fin juin, les frais de gestion diminuent seulement de 0,5% sur un an, mais le coefficient d’exploitation (ratio des coûts sur revenus) de la filiale italienne n’a cessé de décroître depuis son acquisition en 2006. Il culminait alors à 70,4%, contre 55% l’an dernier. Descendu à 54% fin juin, il atteint déjà le niveau visé en 2016. D’ici là, BNP Paribas prévoit une croissance des revenus de 0,5% par an en Italie, la banque privée devant compenser le recul sur les entreprises
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