Klépierre aide BNP Paribas à muscler sa solvabilité

La cession d’un bloc de 28,7% de la foncière permettra à la banque d'être l’une des rares en Europe à afficher 9% de ratio Bâle 3 dès le 1er janvier 2013
Alexandre Garabedian

Klépierre n'était plus qu’un actif financier pour BNP Paribas. Annoncée hier, la vente d’un bloc de 28,7% du capital de la foncière à l’américain Simon Property, numéro un mondial de l’immobilier commercial, n’a donc pas surpris. Pour la banque, elle facilite l’objectif d’atteindre un ratio de common equity tier one (CET1), la nouvelle norme de solvabilité sous Bâle 3, dès le 1er janvier 2013.

BNP Paribas vend bien: à 28 euros le titre, la prime est de 19,7% sur le cours de clôture de Klépierre le 7 mars, et «induit une décote limitée (-10,8%) par rapport à l’actif net réévalué au 31 décembre 2011 (31,4 euros) contre une moyenne sectorielle de 19%», estiment les analystes de Natixis. Le produit de la vente est de 1,52 milliard d’euros. La banque engrange une plus-value du même ordre, grâce au gain effectif réalisé sur les 28,7% vendus, et à la réévaluation de la partie résiduelle (22,2%) qu’elle conserve.

Autre intérêt de la transaction, «BNP Paribas ne consolidera plus Klépierre par intégration globale mais par mise en équivalence», souligne Oddo. Elle sortira de son bilan les actifs pondérés en risque de la foncière, évalués à 12,5 milliards d’euros.

En combinant ces effets, la banque gagne 32 points de base de ratio sur les 68 pb qu’elle compte économiser en 2012 grâce à son plan d’adaptation. «BNP Paribas sera bien l’une des rares banques européennes à atteindre un ratio CET1 d’au moins 9,0% en Bâle 3 intégral dès le 1er janvier 2013», se félicite Oddo. Le titre a pris 3,74% hier.

«Simon Property est un grand professionnel du secteur. Son offre est apparue comme étant la meilleure alternative sur le plan financier, en termes de sécurité d’exécution et de perspectives de développement pour Klépierre, tout en laissant à BNP Paribas un potentiel d’appréciation de sa participation résiduelle», explique Pierre-Yves Chabert, associé chez Cleary Gottlieb et conseil de la banque. Lazard et Bredin Prat ont épaulé l’acquéreur. BNP Paribas a reçu d’autres offres moins intéressantes, avec par exemple des paiements en titres.

Côté Klépierre, les porteurs obligataires devraient se satisfaire de cet adossement à un poids lourd noté A3/A-, qui a aussi annoncé hier le rachat de malls aux Etats-Unis pour 1,5 milliard de dollars. Les actionnaires minoritaires qui espéraient une OPA devront en revanche patienter. Simon Property n’accroîtra pas sa part avant au moins un an.

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