KBC risque l’annulation de la vente de sa filiale russe
Après l’inculpation du patron de la banque russe de la Société Générale pour corruption, la belge KBC court elle aussi des risques juridiques en Russie. Deux tribunaux locaux ont interdit la vente de sa filiale Absolut Bank au fonds de pension Blagosostoyanie, affirme un avocat qui a intenté une action similaire à Bruxelles au nom de quatre adhérents de cet organisme de retraite des cheminots russes. La cession de cette petite banque russe, annoncée fin décembre 2012, est imposée par la Commission européenne après le sauvetage public de KBC en 2008-2009.
Or, «une loi russe de 1998 interdit aux fonds de pension privés d’investir dans des sociétés non cotées, affirme à L’Agefi Me Gérard Martin, du cabinet bruxellois Meritius. La décision en référé du tribunal central de Tchita le 22 mars interdit donc à Blagosostoyanie d’employer ses ressources au rachat d’Absolut Bank. Celle du tribunal local d’Irkutz, le 16 avril, interdit également l’opération, directement ou par l’intermédiaire d’une des sociétés de gestion qui travaillent pour ce fonds de pension». L’avocat confirme ainsi les informations révélées le 17 mai par le journal belge L’Echo, alors que, «selon les informations dont KBC dispose actuellement, les demandeurs s'étaient rétractés avant même de comparaître devant la cour», a réagi prudemment la banque. Absolut Bank, Blagosostoyanie et Baker & McKenzie, conseil de KBC, n’étaient pas joignables vendredi pour commenter ces affirmations.
Dans le cadre d’une autre action, intentée à l’encontre de KBC devant le tribunal de commerce de Bruxelles, la banque expliquait vendredi que l’audience prévue la veille «a été reportée». «Elle a bien eu lieu. L’affaire est reportée au 30 mai, c’est une procédure normale», rétorque Me Martin. Les quatre habitants de Novossibirsk qu’il défend ne sont pas à l’origine des deux plaintes russes, intentées par deux autres adhérents du fonds de pension, résidents également de Sibérie.
La cession définitive d’Absolut Bank est attendue ce trimestre. Outre le remboursement de 700 millions d’euros de prêts intragroupes, elle doit rapporter 300 millions à KBC, qui anticipe une moins-value de 100 millions. Muet sur l’affaire lors de la présentation de ses résultats trimestriels jeudi, le groupe doit encore trouver preneur pour KBC Bank Deutschland et la Banque Diamantaire Anversoise, renvoyée en correctionnelle dans une affaire de blanchiment présumé.
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