JPMorgan et Wells Fargo affichent une bonne santé de façade
En ouvrant vendredi le bal des publications trimestrielles, JPMorgan et Wells Fargo ont une fois de plus surpris les analystes et battu leur propre record. Au premier trimestre, les deux banques américaines affichent respectivement 6,1 et 4,9 milliards de dollars de profits nets attribuables aux actionnaires (5 et 3,7 milliards d’euros), en hausse de 33% et 23%.
Du côté des revenus, le tableau est plus sombre : le produit net bancaire de Wells Fargo a diminué de 1,4%, à 21,3 milliards. Chez JPMorgan, il a reculé de 900 millions (-3%), à 25,85 milliards de dollars. La première banque américaine doit ses performances opérationnelles à la reprise de provisions sur ses portefeuilles de prêts et à sa chasse aux coûts, qui va se poursuivre. Ses charges ont diminué de 16% en un an, en partie grâce à la baisse des frais juridiques.
En banque de détail et commerciale, l’activité de JPMorgan a reculé de 6% et ses profits de 12%. Ses profits dans le crédit à l’habitat ont chuté de 31% en raison de plus faibles commissions, malgré une production en hausse de 37%, à 52,7 milliards de dollars. Chez Wells Fargo, devenu en 2012 le premier prêteur immobilier du pays avec 29% de parts en marché, les nouveaux prêts ont en revanche diminué de 15%, à 109 milliards de dollars, sous l’effet d’une demande plus faible. Et la tendance devrait s’accentuer, au regard du nombre de dossiers en cours.
Plus diversifié que son concurrent, JPMorgan souffre aussi en BFI, son premier centre de profits. Certes, il revendique la place de numéro un mondial en fusions-acquisitions, prêts syndiqués et émissions de dette à long terme (et seulement la sixième sur les actions), mais la division est moins performante que l’an passé, une fois exclue la variation de la dette propre du groupe. Ses revenus et son résultat sont en baisse de 2%, à 10 milliards et 2,5 milliards de dollars (y compris les métiers de titres). Les honoraires de conseil ont baissé de 9% et les revenus des activités de marché de 5%, à cause du recul des produits des taux. Seuls les financements se démarquent avec des revenus en hausse de 124%.
Un an après les pertes de trading liées à la «baleine de Londres», le modèle de JPMorgan reste sujet à critiques. La semaine dernière, un de ses analystes n’a pas hésité à critiquer vertement le modèle de banque universelle (mêlant activités de dépôts et de marché), dont son employeur est pourtant la parfaite illustration.
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