JPMorgan est bien loin d’avoir soldé l’héritage de «la baleine de Londres»
Deux jours après les réprimandes de la Fed, la banque devrait préciser aujourd’hui son plan d’action à l’occasion de la publication de ses résultats
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Benoît Menou
JPMorgan est bien loin d’avoir soldé l’héritage de la Baleine de Londres. Photo: Peter Foley/Bloomberg
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Les positions prises sur le marché des dérivés de crédit l’an passé par le trader Bruno Iksil de JPMorgan surnommé «la baleine de Londres», et ayant entraîné une perte de trading de plus de 6 milliards de dollars, continuent de peser comme un boulet pour la banque. Outre le prix en termes de réputation, JPMorgan, qui publie aujourd’hui ses résultats du quatrième trimestre, subit en effet une attention toute particulière de la part de diverses autorités des deux côtés de l’Atlantique.
Lundi, la Réserve fédérale et le Bureau du contrôleur de la monnaie (Office of the Comptroller of the Currency, OCC) ont ainsi réprimandé la banque, sans toutefois lui infliger, pour l’instant, de sanctions financières ni mettre en cause de personnes physiques.
Si les autorités n’ont pas mis en lumière d’agissements volontairement illicites de la banque américaine (qui n’a ni reconnu ni démenti leurs conclusions), elles ont tout de même exigé la mise en œuvre d’un vaste plan d’action concernant l’encadrement des risques, allant des salles de marché au contrôle interne, et la lutte contre le blanchiment.
JPMorgan dispose de deux mois pour présenter les détails de ce plan et devra rendre compte chaque trimestre de son avancement. Le groupe doit notamment mieux prendre en compte la prise de risques pour déterminer la rémunération de ses dirigeants opérationnels et améliorer la communication entre ces derniers et le conseil d’administration. Dans ce cadre, le conseil réuni hier, avec pour thème principal officiel la revue des comptes trimestriels, devait en gage de sérieux de ses intentions entériner selon diverses sources la réduction des bonus annuels à verser tant au directeur général Jamie Dimon qu’à l’ancien directeur financier Douglas Braunstein et à Ina Drew, responsable de la gestion au sein de l’entité où a sévi «la baleine».
D’autres menaces pèsent pourtant encore sur la banque, objet d’enquêtes aux Etats-Unis de la part du département de la Justice, du régulateur des marchés à terme, la CFTC, d’une commission du Sénat et de la SEC, et au Royaume-Uni, de la part de la FSA.
Cette dernière s’est fendue lundi d’un communiqué évoquant la poursuite d’investigations formelles. JPMorgan a tenu à souligner les efforts déjà déployés et pourrait rendre publics aujourd’hui deux rapports internes, l’un émanant de l’opérationnel, l’autre du conseil, décortiquant les erreurs passées et traçant le chemin vers la rédemption.
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