JPMorgan continue d’afficher de bons résultats en trompe-l’œil
Les provisions continuent d’être la variable d’ajustement des résultats des banques internationales. JPMorgan, premier établissement américain à publier ses comptes du premier trimestre 2011, affiche un bond de 67% de son bénéfice net, à 5,56 milliards de dollars.
Cette performance, supérieure aux estimations des analystes, est principalement à mettre sur le compte d’une baisse de 83% de ses provisions pour pertes sur créances. Elles représentent moins de 1,2 milliard de dollars, contre 7 milliards un an plus tôt et encore 3 milliards au quatrième trimestre 2010. Ce phénomène atteste d’un recul des pertes constatées et du fait que JPMorgan anticipe une amélioration de la situation de ses clients.
Il montre également que depuis l’éclatement de la crise financière, la banque a passé ses portefeuilles à la paille de fer. Cette tactique a été déterminante en mars dans la décision de la Réserve fédérale de l’autoriser, avec 16 autres établissements, à augmenter ses dividendes. JPMorgan versera ainsi un dividende de 25 cents par action fin avril. Elle va également mettre en place un programme de rachat d’actions de 15 milliards de dollars, dont huit milliards cette année.
Mais les gains comptables réalisés en jouant sur les provisions ont le défaut de ne pas être réitérables. Or, la banque américaine ne donne pas de signes réellement positifs quant à l’évolution de son activité. Son bénéfice avant provisions a ainsi chuté de 20%, à 9,2 milliards de dollars. Son produit net bancaire (PNB) trimestriel a également reculé de 8%, à 25,8 milliards. «Ce recul a été provoqué par la baisse des commissions sur prêts hypothécaires et des revenus de marchés», indique l’établissement. Le déclin du trading est d’ailleurs responsable de la baisse de 4% du bénéfice net en banque d’investissement (à 2,37 milliards).
Privilégiant la qualité des portefeuilles de créances à leur croissance, JPMorgan a vu ses encours de prêts aux particuliers reculer de 10% au premier trimestre, un recul qu’une hausse des prêts aux entreprises n’a pas compensé. Le montant des encours totaux de crédit baissent ainsi de 4% à 686 milliards de dollars.
Les crédits hypothécaires continuent d'être l’épine dans le pied de JPMorgan, l’activité ayant enregistré un PNB négatif de 114 millions (contre un PNB positif de 962 millions un an plus tôt) en raison de charges exceptionnelles liées aux coûts de la collecte des remboursements et des saisies immobilières.
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