Intesa Sanpaolo confie ses rênes à un assureur au profil international
Candidat surprise de dernière minute, Enrico Tommaso Cucchiani, 61 ans, a été nommé hier à la tête d’Intesa Sanpaolo. Après un vif bras de fer entre les fondations bancaires actionnaires du groupe italien, c’est finalement la solution de la candidature externe qui l’a emporté, au détriment du directeur général Marco Morelli, pressenti dans un premier temps. Ce dernier assurait l’intérim depuis la démission la semaine dernière de l’ex-patron de la banque, Corrado Passera, nommé ministre du Développement économique au sein du nouvel exécutif italien.
Peu mondain et discret, le nouvel administrateur délégué de la deuxième banque italienne est à peu près inconnu dans son pays, ayant passé plus de la moitié de sa carrière à l’étranger. C’est ce parcours international, plutôt atypique pour un dirigeant italien, qui semble avoir séduit le président de la banque, Giovanni Bazzoli, désireux de projeter Intesa davantage sur les marchés étrangers.
Après un cursus économique dans les universités milanaise Bocconi et américaine Stanford, Enrico Cucchiani démarre à la Continental Illinois National Bank and Trust de Chicago. Il passe ensuite par McKinsey, puis au management de Gucci, avant de créer en 1992 une société de capital risque. En 1996, il débarque dans le secteur des assurances chez Lloyd Adriatico, une petite compagnie de Trieste qui vient juste de passer sous le contrôle d’Allianz. Dix ans plus tard, le manager prend la tête de toute la filiale italienne du colosse allemand et entre au conseil d’administration d’Allianz avec la responsabilité aussi de l’Europe, l’Amérique latine et l’Afrique.
«Il pourra mettre son expérience au service de l’important pôle d’assurances d’Intesa Sanpaolo, même si sa gestion très axée sur la rentabilité a fait perdre à Allianz Italie un tiers de son portefeuille clients», note un expert du secteur. S’il n’a jamais eu de rôle exécutif dans le monde bancaire, le nouveau numéro un d’Intesa est membre néanmoins du conseil d’administration d’UniCredit. Homme de relations, fort d’un important réseau de contacts (il fait partie d’innombrables conseils et comités comme l’Aspen Institute), il aurait notamment joué un rôle en coulisses dans le départ forcé l’an dernier de l’ex-patron d’UniCredit, Alessandro Profumo. Ironie du sort, Tommaso Cucchiani dont le nom avait été évoqué pour remplacer Alessandro Profumo, se retrouve aujourd’hui aux manettes dans la banque rivale.
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