Intesa emboîte le pas à UniCredit pour déprécier ses écarts d’acquisition
A l’image de sa compatriote UniCredit qui a déprécié en novembre dernier 8,7 milliards d’euros de survaleurs, Intesa Sanpaolo a fait le grand ménage dans ses comptes. La première banque de détail italienne a passé une dépréciation nette de 10,2 milliards d’euros liée à des acquisitions faites il y a plus de cinq ans, dont la gigantesque opération de fusion avec Sanpaolo IMI début 2007. Elles sont sans impact sur la solvabilité.
Hormis cette dépréciation, le groupe a enregistré un gain fiscal d’un milliard d’euros en raison de la reclassification de 6,2 milliards d’euros d’actifs immatériels inscrits à son bilan. Les autres éléments exceptionnels comprennent 400 millions d’euros de dépréciations sur ses obligations grecques et 120 millions d’euros sur sa participation dans Telco (Telecom Italia). La perte nette ressort à 10,2 milliards d’euros sur le quatrième trimestre et à 8,19 milliards d’euros sur l’ensemble de 2011.
En excluant ces éléments exceptionnels, le résultat net aurait atteint 265 millions d’euros, a souligné l'établissement. Les résultats «semblent bons en termes de revenu total et de résultat avant provisions», estime Carlo Tommaselli, analyste de la Société Générale. Les revenus nets d’intérêt ont grimpé sur un an de 5,5% à 2,5 milliards d’euros, sous l’effet notamment de la première LTRO (long term refinancing operation) à trois ans de décembre conduite par la Banque centrale européenne.
L'établissement met aujourd’hui en valeur un profil de liquidité et de solvabilité «robuste». Son ratio core tier one s'établissait à 10,1% en fin d’année dernière, et à 9,1% en prenant en compte un «matelas souverain», alors que les provisions pour pertes sur créances ont plus que doublé sur le trimestre à 2 milliards. Intesa Sanpaolo défend également un profil de risque limité. Le groupe comptait encore à fin décembre 269 millions d’euros de dette publique grecque, après application d’une décote d’environ 75% du nominal. Il détenait également 233 millions d’euros d’obligations irlandaises et 40 millions de dette portugaise.
A la différence d’UniCredit, Intesa Sanpaolo maintiendra un dividende au titre de 2011, ramené toutefois de 8 à 5 cents par action. Pour l’exercice en cours, l'établissement, engagé dans un nouveau plan stratégique de cinq ans, s’attend à ce que sa performance opérationnelle, hors impact des éléments non récurrents survenus en 2011, demeure globalement stable.
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