Injections massives de capital pour RBS et Lloyds Banking Group
Les stratégies choisies par RBS et Lloyds Banking Group (LBG), toutes deux sous perfusion de Londres, ont beau diverger, elles attestent de la gravité de leur situation.
Acculée, RBS va recevoir 25,5 milliards de livres sterling (28,5 milliards d’euros) de la part du Trésor britannique, sous la forme d’actions sans droit de vote («B shares»), contre un montant de 19,5 milliards prévu initialement. A l’issue de l’opération, l’Etat détiendra 84,4% du capital, mais toujours 70,3% des droits de vote de la banque. En outre, le Trésor souscrira à une augmentation de 8 milliards toujours sous forme d’actions, au cas où son ratio de fonds propres durs core tier one passerait sous la barre des 5%. Son bilan sort renforcé: ses actifs pondérés du risque seront réduits de 141 milliards (-26%).
En échange de ce soutien, RBS ne transférera que 282 milliards de sterling d’actifs à risque dans le plan de garantie (Asset Protection Scheme, APS), soit 13% de moins que prévu. En outre, la garantie ne jouera qu’à partir de 60 milliards de livres de premières pertes (contre 42,2 milliards à l’origine). Avec le jeu des provisions passées fin 2008, RBS demeurera exposée à hauteur de 38,7 milliards. Concession de l’Etat, le coût forfaitaire de l’APS (6,5 milliards) est remplacé par une commission annuelle de 700 millions jusqu’en 2011 et 500 millions ensuite.
LBG, lui, évite le recours à la garantie. Il préfère lever 21 milliards de sterling, dont 13,5 milliards à travers une augmentation de capital avec droits menée par UBS, BoA-Merrill et JPMorgan Cazenove. L’Etat, qui contrôle 43% du capital de la banque, participera à hauteur de ses droits, soit 5,7 milliards. L’établissement prévoit de lever les 7,5 milliards restants via l’échange d’une partie de sa dette contre des titres hybrides obligatoirement convertibles si son ratio tier one passe sous les 5%.
Le groupe n’aura donc pas à assumer le coût du recours à l’APS, évalué à 15,6 milliards de livres. Mais il devra tout de même débourser 2,5 milliards pour avoir bénéficié de la «protection implicite» du plan pendant huit mois. Ses dirigeants estiment que Bruxelles aurait également imposé davantage de cessions d’actifs. Celles qui ont été demandées à RBS et LBG, indispensables pour obtenir l’accord de la commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes, vont déjà chambouler le paysage bancaire britannique.
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