ING progresse à marche forcée dans la cession de ses activités asiatiques

Le conglomérat Pacific Century Group met la main sur l’assurance du néerlandais à Hong Kong, à Macao et en Thaïlande pour 1,6 milliard d’euros
Benoît Menou

ING a franchi un pas supplémentaire sur la voie de sa restructuration en annonçant vendredi la cession de certaines de ses activités asiatiques d’assurance, en l’occurrence en Thaïlande, à Macao et à Hong Kong. Une opération nouée avec le conglomérat Pacific Century Group (PCG), basé à Hong Kong, qui versera 1,64 milliard d’euros en numéraire, soit tout de même selon ING 24,3 fois les bénéfices estimés 2012 et 1,9 fois la valeur comptable attendue fin 2012. Le vendeur attend de la transaction, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2013, un gain net d’un milliard.

Après avoir fait part en début de mois de la vente de cette activité en Malaisie, il reste au groupe néerlandais à trouver preneur en Asie en Corée du Sud (où KB Financial Group tiendrait la corde, de sources concordantes) et au Japon (un marché mature pour lequel la manœuvre s’avère plus délicate).

ING doit aussi vendre son pôle de gestion d’actifs dans la région afin de respecter les exigences de la Commission européenne en échange de l’approbation du sauvetage par les pouvoirs publics néerlandais dont il a bénéficié en 2008. Les pourparlers «se poursuivent» a simplement indiqué ING, qui dispose d’un délai jusqu’à fin 2013 après avoir lancé en mars dernier la vente de ces actifs d’une valeur comptable totale de 6,6 milliards d’euros à fin juin.

Le groupe espérait en premier lieu se délester en un bloc de son assurance en Asie avant d’y renoncer faute de prétendants. En parallèle, ING a fait part depuis cet été de la cession de sa banque en ligne au Canada et au Royaume-Uni et a soldé une participation dans Capital One héritée de la vente au groupe américain de sa banque en ligne aux Etats-Unis.

Après qu’AIA a convenu d’acquérir l’assurance d’ING en Malaisie (pour 1,3 milliard d’euros, 14,3 fois le bénéfice 2011), c’est donc à nouveau un acteur asiatique qui a raflé la mise la semaine passée, dans un contexte d’allègement des groupes européens et américains sous la pression réglementaire de renforcement des capitaux. PCG (présent également dans l’immobilier, les médias ou les télécoms, et explicitement soutenu par le père de Richard Li, Li Ka-Shing, l’homme le plus riche d’Asie) avait d’ailleurs déjà empoché en 2010 le gestionnaire alternatif PineBridge Investments auprès d’AIG. L’opération annoncée vendredi avait pourtant suscité l’intérêt d’acteurs occidentaux tel l’américain Metlife.

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