ING offre un avenir à ses activités asiatiques face à la déroute des marchés européens
L’action ING a clôturé hier à Amsterdam en hausse de 3,72% à 6,19 euros, les investisseurs saluant la réorientation stratégique dévoilée plus tôt dans la journée. Remisant le projet de double cotation d’une entité combinant ses activités européennes et asiatiques d’assurance et de gestions d’actifs, le groupe batave a pris acte de la dégradation des marchés européens. «Il n’y a pas de marché des IPO à l’heure actuelle en Europe», a justifié Jan Hommen, le directeur général du groupe. «Les activités asiatiques et les opportunités sur les marchés asiatiques sont bien plus attrayantes en ce moment qu’en Europe», a-t-il poursuivi.
Une telle décision doit permettre de valoriser au mieux la branche asiatique dans le cadre d’une cession à un tiers. «C’est positif car cela signifie qu’ils accélèrent le processus de restructuration et d’autre part les transactions affichent en Asie des multiples de valorisation bien plus intéressants que ce que peuvent offrir les IPO», estime Jan Willem Weidema, chez ABN Amro. L’analyste chiffre la valeur comptable des activités asiatiques d’assurance à quelque 6 milliards d’euros, un montant que le groupe devrait au minimum pouvoir atteindre en les cédant à un autre groupe financier. ING a évoqué «des signes notables d’un intérêt marqué» mais a souligné ne pas conduire de «discussions détaillées» pour le moment.
En ce qui concerne les activités européennes, Jan Hommen a indiqué qu’ING leur préparait un «avenir indépendant». Tout en n’excluant pas une introduction en Bourse en cas de redressement des marchés, il a également cité une scission au profit d’actionnaires existants comme une option possible. «L’entité européenne, autonome, a le potentiel pour être scindée, mais c’est une des choses que nous devons évaluer», a-t-il précisé.
Alors qu’ING a récemment mis un terme au projet de cession de son assurance belge, le bancassureur devra poursuivre sa cure d’amaigrissement. Sous la pression de la Commission européenne qui pointe les 10 milliards d’euros de subventions publiques perçues pendant la crise, le groupe doit réduire son bilan de 45% par rapport au niveau de 2008 d’ici fin 2013. Pour respecter l’impératif bruxellois, ING pourrait envisager la vente d’autres actifs, dont sa participation dans Bank of Beijing.
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