Hypo Alpe Adria réclame 1,4 milliard d’euros d’aide publique supplémentaire
Sa recapitalisation était attendue, le chiffre est maintenant connu. Hypo Alpe Adria a demandé vendredi 1,43 milliard d’euros au gouvernement autrichien pour pouvoir respecter un ratio de solvabilité minimal. La nouvelle aide doit permettre à la banque nationalisée de couvrir les dépréciations supplémentaires réclamées par ses auditeurs pour valider ses comptes 2013, ainsi que les pertes additionnelles attendues jusqu’en septembre.
Le ministre des Finances, Michael Spindelegger, a pris acte de la requête et prendra sa décision dans les semaines qui viennent. «De l’argent frais sera injecté uniquement lorsqu’il y aura une clarté complète sur la manière dont il sera utilisé», a-t-il déclaré dans un communiqué. Par ailleurs, le gouvernement autrichien a nommé hier l’ancien patron de Dresdner Bank, Herbert Walter, à la présidence d’Hypo Alpe Adria.
Depuis 2008, l’Autriche a apporté 4,8 milliards d’euros à Hypo Alpe Adria, 3,6 milliards de fonds propres et 1,2 milliard de garanties. S’y ajouteront 4 milliards d’euros prévus pour la mise en extinction de la banque. La nouvelle recapitalisation porterait l’addition à quelque 10 milliards d’euros et pèserait davantage sur les finances publiques.
Annoncée mi-mars, la bad bank de Hypo Alpe Adria doit être créée d’ici à septembre. Les autorités se sont résolues à mettre sur pied une structure de défaisance qui abritera 18 milliards d’euros d’actifs de Hypo Alpe, sur un total de bilan de 31 milliards. Ce sauvetage passe aussi par la vente des activités en ex-Yougoslavie et l’arrêt progressif des activités. «Il y avait de nombreuses raisons d’envisager sérieusement un défaut, mais au bout du compte les risques ont été jugés incalculables», avait alors plaidé le ministre des finances. Les créanciers seniors ont été épargnés mais le gouvernement a appelé à la province de Carinthie, fief de la banque, à prendre à son compte 500 millions d’euros de pertes. Les détenteurs de dette subordonnée et d’actions sans droit de vote sont également mis à contribution.
Certains ne l’entendent pas de cette oreille. La banque allemande BayernLB, qui avait revendu sa participation de 50% à l’Etat autrichien pour un euro symbolique, réclame à Hypo Alpe Adria le remboursement de 2,3 milliards d’euros de prêts. La banque autrichienne l’accuse en retour de l’avoir mal gérée. Des procédures judiciaires sont actuellement en cours pour régler le différend.
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