HSBC se résout à revoir sa copie quant à ses ambitions en Chine

Dans le cadre de sa cure mondiale d’austérité, la banque britannique évoque ouvertement son éventuelle sortie du capital de Ping An
Benoît Menou

Le plan triennal de redressement de HSBC mené depuis l’an passé sous la baguette de son directeur général Stuart Gulliver avait fait naître des spéculations quant au devenir de l’engagement de la banque britannique en Chine.

Hier, en réaction à un article du Hong Kong Economic Journal citant comme possible repreneur l’homme d’affaires thaïlandais Dhanin Chearavanont par le biais du groupe Charoen Pokphand, HSBC est sortie du bois en concédant avoir engagé, sans citer ses interlocuteurs, «des discussions susceptibles ou pas» d’aboutir à la vente de sa participation de 15,6% au capital de l’assureur Ping An.

HSBC a précisé être contacté «de temps à autre» concernant cet investissement valorisé quelque 7,3 milliards d’euros et initié il y a dix ans. Les pourparlers ne sont peut-être ainsi pas nouveaux. La cession semble «logique» aux yeux d’un analyste de Maybank - Kim Eng cité par Reuters, Ping An, le deuxième assureur vie chinois en termes de primes perçues, n’entrant pas dans le cadre des activités traditionnelles de HSBC. Cette dernière a déjà annoncé la cession cette année d’activités d’assurance à Axa et à l’australien QBE Insurance. Et la vente des titres Ping An pourrait à elle seule apporter 0,5 point à 13,6% au ratio core tier one de la banque, selon un analyste de Mizuho Securities.

Un autre spécialiste voit derrière la hausse du titre HSBC à Hong Kong hier l’espoir du marché d’un dividende exceptionnel. HSBC pourrait également consacrer une part du butin à sa croissance interne en Chine, où elle dispose déjà de plus de 130 agences. «Cela sera plus rentable» que la présence au capital de Ping An, selon un analyste cité par Bloomberg.

L’analyste de Mizuho souligne tout de même les difficultés probables pour trouver un acquéreur pour les actions Ping An, d’autant que les autorités chinoises, soucieuses de ne pas laisser filer un investisseur occidental de poids, ne manqueront pas de se montrer restrictives.

Mais le différend avec Pékin pourrait également se nourrir d’une autre participation minoritaire de HSBC, en l’occurrence celle de 19,9% au capital de Bank of Communications, valorisée 8 milliards d’euros.

La banque britannique pourrait également chercher à s’en défaire faute de pouvoir exercer un contrôle effectif. Stuart Gulliver avait assuré l’an passé que HSBC n’avait nullement l’intention de céder ses titres Ping An ou BoCom.

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