HSBC fait le choix de la taille pour la reprise de son réseau en France
La vente de la banque de détail de HSBC France pourrait enfin connaître son épilogue prochainement. Lors d’une réunion avec les représentants des salariés qui s’est tenue mercredi 17 mars, la direction a indiqué qu’elle avait «décidé de progresser dans les discussions avec My Money Group, filiale à 100% du fonds Cerberus». En clair, AnaCap, autre prétendant, n’a pas totalement jeté l’éponge, mais «il ne sera fait appel à lui que si les discussions avec Cerberus échouent», précise un représentant du personnel.
Dorénavant, HSBC ne raisonne plus en mois pour boucler l’opération, mais bien «en semaines», a assuré la direction aux représentants syndicaux. Le troisième repreneur potentiel, un fonds de capital-investissement français, aurait renoncé, selon nos informations.
Reprise totale de l’informatique
Jusqu’à présent, le fonds AnaCap, qui a levé 5 milliards d’euros depuis sa création, semblait faire jeu égal avec Cerberus, et ses 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) sous gestion. Déjà propriétaire de Milleis (ex-Barclays) en France, le fonds pouvait réunir les deux réseaux sous une même enseigne. Si cette éventualité n’avait pas les faveurs des salariés, HSBC Londres pouvait toutefois voir certains avantages dans cette offre. «AnaCap s’est engagé à reprendre l’infrastructure informatique du réseau», explique une source proche. Ce qui n’était pas le cas des autres repreneurs potentiels, dont Cerberus, qui préféraient opter pour une forme de «location» des systèmes à HSBC. Cette solution butait contre la volonté du groupe sino-britannique de couper les ponts avec cette activité française. Toujours selon cette source, Cerberus est revenu sur son offre initiale et propose, comme AnaCap, une reprise totale de l’informatique.
Epine
Et ce point est loin d’être un détail. «L’infrastructure informatique du réseau de HSBC France est à refaire. Il est difficile de faire pire. Elle n’est ni facile à utiliser, ni efficace», explique un bon connaisseur. Outre les efforts de recapitalisation que pourrait concéder HSBC pour vendre sa filiale, le nouvel acquéreur «devra aussi avoir la capacité financière pour investir et mener le projet à la réussite», explique un délégué syndical. Si c’est le cas, certains salariés estiment que l’opération «pourrait tenir la route».
Solution préférée des salariés
Le fonds Cerberus, s’il conserve son statut de fonds d’investissement, reste d’ailleurs la solution la moins redoutée par les salariés du groupe. «Si nous devons être repris par un fonds d’investissement, Cerberus apparaît mieux placé que les autres car il dispose d’une assise financière plus importante», explique un syndicaliste. Contrairement à AnaCap, le fonds se propose aussi de reprendre le nom de CCF, l’ancêtre de HSBC France, même s’il n’est pas dit qu’il l’utilisera. Quoi qu’il en soit, et même si les discussions avec Cerberus achoppent, la solution d’une restructuration en interne n’est plus à l’ordre du jour. «Il est normal qu’au début des réflexions toutes les solutions soient envisagées, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui», explique une source.
Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, la banque avait confirmé poursuivre la revue stratégique sur ses activités de détail en France, soit un périmètre de 4.000 personnes, et être «en négociation pour une vente potentielle». En 2020, la filiale française de HSBC affichait une perte de 1,16 milliard d’euros contre un profit de 36 millions d’euros en 2019.
Contactés par L’Agefi, ni HSBC, ni Cerberus n’ont fait de commentaire.
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