HSBC est touché par le risque émergent
Conséquence de son profil international, HSBC paye l’instabilité des marchés émergents dans ses comptes 2013 et ses perspectives. La banque affiche certes un résultat avant impôt en hausse de 9% en 2013 (à 22,6 milliards de dollars), mais il est nettement en deçà des consensus des analystes (24,3 milliards pour Thomson Reuters et 24,6 milliards pour Bloomberg). En outre, affecté par le dédommagement de clients britanniques lésés dans des ventes frauduleuses, HSBC affiche un coefficient d’exploitation (59,6%) et un rendement des fonds propres (9,2%) inférieurs à ses objectifs.
Les investisseurs ont surtout prêté attention à la structure des résultats et aux perspectives d’activité du groupe, dont l’action a reculé de 2,83% hier à Londres (à 635,7 pence). Au cours du premier semestre 2013, ils s’étaient déjà inquiétés de la prudence des dirigeants de HSBC à l’égard des perspectives économiques chinoises. L’inflexion du quantitative easing de la Réserve fédérale américaine a provoqué un reflux des capitaux des pays émergents vers les Etats-Unis, alors que HSBC a dégagé 70% de son bénéfice imposable d’Asie.
Alors que les provisions pour dépréciations ont reculé de 2 milliards de dollars entre 2012 et 2013 en Amérique du Nord (à 1,2 milliard de dollars), les mises en réserve relative à l’activité de HSBC en Amérique latine ont augmenté de 37% et atteignent 2,6 milliards de dollars. «Alors que notre performance a été affectée par le ralentissement de la croissance et des pressions inflationnistes, nous avons repositionné nos activités en faveur de nos marchés prioritaires, que sont le Brésil, le Mexique et l’Argentine», indique la banque.Le résultat avant impôt a reculé de 17,3% dans cette zone (à près de 2 milliards). Si l’activité à partir de Hong-Kong progresse malgré tout de 6,7% (à 8 milliards), le reste de l’Asie chute de 25% (à 7,7 milliards).
La banque a tenté de minimiser les turbulences. «Même si on a observé des ventes importantes dans certains pays émergents, à la fois lorsque la perspective du tapering a été évoquée en juin et plus récemment en janvier de cette année, nous estimons que ces phénomènes sont liés à des circonstances isolées plutôt qu’à une menace générale: notamment un déficit important de la balance courante et une incertitude provoquée par des élections dans l’année», indique-t-elle dans son communiqué. Les dirigeants de HSBC estiment néanmoins que l’année 2014 sera marquée par une volatilité accrue.
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