Groupama sort vainqueur de sa cure d’amaigrissement
Groupama peut respirer. Au bord de l’asphyxie fin 2011, l’assureur mutualiste a réussi son sauvetage. Celui-ci a toutefois laissé des traces dans les comptes du groupe.
En octobre, le mutualiste évoquait encore un ratio de solvabilité de 120% en fin d’année, contre 107% fin 2011. L’objectif est largement dépassé: le ratio s’élevait à 179% au 31 décembre 2012.
Cette performance a été réalisée grâce à une restructuration draconienne. Le programme de cessions (Gan Eurocourtage, filiales en Espagne, au Royaume-Uni, en Pologne, Groupama Private Equity) a permis à l’assureur de renforcer sa marge de solvabilité de 17 points de pourcentage et d’encaisser plus de 1,5 milliard d’euros de liquidités, permettant notamment le remboursement des actions de préférence détenues par la Caisse des dépôts à hauteur de 300 millions d’euros.
Groupama a également procédé à une sensible réduction de ses risques. Environ 1,1 milliard d’euros d’actifs immobiliers ont été vendus dans un premier temps, donnant une marge de manœuvre au groupe pour procéder à des opérations sur des actifs plus risqués. Il a notamment cédé pour 2,5 milliards d’euros brut d’actions, soit 29% de son portefeuille. Groupama est sorti de Bolloré et a profité de deux fenêtres en septembre et décembre-janvier pour vendre 55% de ses titres Société Générale. La part des actions dans son portefeuille –y compris un effet de marché positif de 10%– est passée de 12,8% en 2011 à 10,1% en 2012.
Les cessions obligataires figuraient également au programme, entre la sortie du risque souverain grec et de la dette hongroise, la vente de 900 millions d’euros de Cedulas espagnoles et la réduction de l’exposition aux dettes subordonnées financières, de 1,3 milliard à 500 millions d’euros. L’ensemble de ces opérations a pesé sur le résultat net, en perte de 589 millions d’euros: les dépréciations d’écart d’acquisition s’élèvent à 298 millions d’euros, tandis que les cessions ont provoqué une perte de 334 millions.
Fort de cette cure d’amaigrissement, Thierry Martel, directeur général, n’exprime «aucun doute sur la viabilité du modèle de Groupama à long terme», confirmant ainsi l’abandon complet du projet d’ouverture de son capital. Toutefois, le recours à des fonds propres externes n’est pas exclu à compter de 2014, à travers les futurs certificats mutualistes, qui pourraient voir le jour dans le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire.
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