Groupama privilégie pour Gan Eurocourtage l’option industrielle d’Allianz
Groupama a donné sa préférence à l’assureur Allianz, avec lequel ont débuté des négociations exclusives, pour la cession de sa filiale Gan Eurocourtage (hors transport). L’offre du réassureur Swiss Re, associé aux fonds Apax et PAI Partners, semble pour le moment écartée.
Les deux offres «ne présentent pas les mêmes avantages. Celle d’Allianz, qui offre une solution plus sécurisante pour l’ACP (Autorité de contrôle prudentiel), repose sur une intégration industrielle de Gan Eurocourtage au sein d’un groupe très structuré et sur une stratégie d’optimisation des coûts», estime Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.
L’offre de Swiss Re «présente une approche plus entrepreneuriale, avec préservation d’une marque propre, d’une dynamique d’innovation et de l’équipe de direction, ayant vocation à être associée au capital», indique Cyrille Chartier-Kastler. Le professionnel souligne toutefois la difficulté pour les dirigeants, au vu de la taille de Gan Eurocourtage, de prendre une part significative au capital en raison des montants à investir.
Du côté des syndicats, on indique privilégier l’offre d’Allianz à celle d’un consortium associant des fonds, ces derniers leur faisant redouter des conséquences sociales plus importantes.
Cette cession «va certes rapporter de l’argent, mais cela sera insuffisant au regard des importantes contraintes de Groupama et cela ne réduira pas de manière significative le niveau de risque sur le bilan», relève toutefois Philippe Picagne, analyste chez Creditsights, qui s’interroge dès lors sur la vente d’un tel actif, générant des revenus solides et récurrents.
Reste par ailleurs le problème de la valorisation. Alors qu’Allianz aurait initialement proposé 200 millions d’euros, le consortium offrait autour de 600 millions d’euros. Aucun chiffre n’a été officiellement divulgué.
«Une valorisation à 600 millions d’euros me semble correcte au regard de la taille de Gan Eurocourtage et de sa capacité bénéficiaire (78 millions d’euros de résultat net en moyenne par an sur la période 2006-2010)», indique Cyrille Chartier-Kastler, pour qui «le phénomène de rareté joue en faveur d’une bonne valorisation, très peu de sociétés de cette taille étant susceptibles d’être vendues sur le marché français en dommages». «Une valorisation entre 600 et 800 millions d’euros me semble réaliste », estime Philippe Picagne.
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