Groupama ne fait que gagner du temps jusqu'à la fin de l’année

Malgré le dépannage de la CDC, l’assureur mutualiste ne pourra faire l'économie d’une révision en profondeur de son portefeuille d’activités
Antoine Landrot
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

En négociant un accord de la Caisse des dépôts (CDC) Groupama a gagné du temps. Si les termes et le périmètre en sont encore imprécis, il consiste en la reprise de sa filiale immobilière Silic par Icade et comprendrait l’achat d’actions de préférence de Gan Eurocourtage. Selon lemonde.fr, l’assureur mutualiste pourrait encaisser un chèque de 1,3 milliard d’euros, alors que la part dans Silic ne valait que 585 millions hier au prix du marché. L’opération lui permet de faire remonter sa marge de solvabilité: l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) impose aux assureurs qu’elle dépasse 100%.

«Le problème immédiat de Groupama est de passer le 31 décembre. La négociation en cours est donc une bonne nouvelle: elle évite à Groupama d’avoir à brader des actifs, et avec l’ACP dans la boucle dès l’origine des discussions – ce qui semble être le cas – elle multiplie ses chances d’être validée. Mais cela reste une solution provisoire», estime un observateur, tout en pointant certains écueils qui pourraient limiter l’intérêt optimal de l’opération.

En effet, Groupama SA ne porte pas la totalité des titres de Silic. Au 30 septembre 2010, il détenait 30,26% du capital, alors que Groupama Gan Vie en portait 1,65% et Gan Eurocourtage 10,16%. Si la répartition a pu évoluer à la marge depuis (la part cumulée est montée à 44,03%), le problème est identique: le groupe pourrait être obligé de partager avec les assurés une partie de la plus-value liée à la cession de ses titres.

En outre, l’ombre de la dette souveraine européenne plane au-dessus de Groupama. «Que diront les commissaires aux comptes à l’issue de l’exercice en cours, alors qu’ils avaient accepté l’absence de dépréciation pour 2010 ? Quelle sera la doctrine retenue par l’ACP ? C’est un sujet de place, mais il concernera Groupama au premier chef», avance un familier du secteur. Enfin, le groupe pourra également être affecté par des survaleurs liées à ses acquisitions internationales, réalisées au prix fort.

Au-delà, Groupama est confronté à un défaut chronique de rentabilité et ne pourra faire l’économie d’une remise en question en 2012. La question reste de savoir s’il pourra consentir à des renoncements, comme ses filiales Amaguiz et Groupama Banque, consommatrices de capitaux, voire Gan. Mais «les dirigeants d’aujourd’hui sont-ils capables de prendre des décisions contraires aux choix auxquels ils ont contribué hier ?», se demande un observateur.

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