Groupama ne fait que gagner du temps jusqu'à la fin de l’année
En négociant un accord de la Caisse des dépôts (CDC) Groupama a gagné du temps. Si les termes et le périmètre en sont encore imprécis, il consiste en la reprise de sa filiale immobilière Silic par Icade et comprendrait l’achat d’actions de préférence de Gan Eurocourtage. Selon lemonde.fr, l’assureur mutualiste pourrait encaisser un chèque de 1,3 milliard d’euros, alors que la part dans Silic ne valait que 585 millions hier au prix du marché. L’opération lui permet de faire remonter sa marge de solvabilité: l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) impose aux assureurs qu’elle dépasse 100%.
«Le problème immédiat de Groupama est de passer le 31 décembre. La négociation en cours est donc une bonne nouvelle: elle évite à Groupama d’avoir à brader des actifs, et avec l’ACP dans la boucle dès l’origine des discussions – ce qui semble être le cas – elle multiplie ses chances d’être validée. Mais cela reste une solution provisoire», estime un observateur, tout en pointant certains écueils qui pourraient limiter l’intérêt optimal de l’opération.
En effet, Groupama SA ne porte pas la totalité des titres de Silic. Au 30 septembre 2010, il détenait 30,26% du capital, alors que Groupama Gan Vie en portait 1,65% et Gan Eurocourtage 10,16%. Si la répartition a pu évoluer à la marge depuis (la part cumulée est montée à 44,03%), le problème est identique: le groupe pourrait être obligé de partager avec les assurés une partie de la plus-value liée à la cession de ses titres.
En outre, l’ombre de la dette souveraine européenne plane au-dessus de Groupama. «Que diront les commissaires aux comptes à l’issue de l’exercice en cours, alors qu’ils avaient accepté l’absence de dépréciation pour 2010 ? Quelle sera la doctrine retenue par l’ACP ? C’est un sujet de place, mais il concernera Groupama au premier chef», avance un familier du secteur. Enfin, le groupe pourra également être affecté par des survaleurs liées à ses acquisitions internationales, réalisées au prix fort.
Au-delà, Groupama est confronté à un défaut chronique de rentabilité et ne pourra faire l’économie d’une remise en question en 2012. La question reste de savoir s’il pourra consentir à des renoncements, comme ses filiales Amaguiz et Groupama Banque, consommatrices de capitaux, voire Gan. Mais «les dirigeants d’aujourd’hui sont-ils capables de prendre des décisions contraires aux choix auxquels ils ont contribué hier ?», se demande un observateur.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer