Gras Savoye cherche à se valoriser au mieux en vue de sa vente à Willis
Gras Savoye veut gagner en compétitivité en réduisant ses coûts. Le premier courtier français en assurances a lancé début 2013 un plan (PSE) prévoyant la suppression de 291 postes et la création de 57 autres, soit une diminution nette de 234 postes sur un effectif de 2.125 équivalents temps plein à fin 2012. Mais pour le cabinet d’expertise Sacef, mandaté par les syndicats, ce plan a un autre objectif: maximiser la valeur de Gras Savoye en 2016, lorsque l’américain Willis en rachètera la majorité aux familles fondatrices et au fonds Astorg.
Willis, actionnaire à 31,8% et qui disposait d’une option d’achat en 2015, a étendu d’un an ce call , à juin 2016. Le prix d’achat tiendra compte des résultats 2014 et 2015. Cela «conduit à un calendrier contraint par la valorisation future de Gras Savoye, à savoir comptabiliser les charges sur 2013 puisque le résultat 2013 n’entre pas dans le calcul de la valorisation, et optimiser les résultats des exercices 2014 et 2015 pour valoriser le mieux possible la sortie des actionnaires familiaux et financiers», estime Sacef dans son rapport d’expertise que L’Agefi a pu consulter.
Selon ce document, Gras Savoye a budgété un coût de 10 millions en 2013 pour la mise en place du PSE. Ses bénéfices se feront sentir en 2014 et 2015, mais le bilan financier net de la restructuration à horizon 3 ans resterait négatif de près de 4 millions, estime le cabinet.
La croissance organique de Gras Savoye, comme celle de l’ensemble des courtiers, pâtit du ralentissement économique. Le groupe, qui réalise les trois quarts de son activité en France et ne publie pas ses comptes à l’exception de ses revenus, a enregistré une stagnation de ses produits nets entre 2009 et 2012. Selon le document Sacef, le résultat d’exploitation est passé sur la même période de 54 à 38 millions d’euros. Sur le périmètre plus large de GS & Cie qui comprend les holdings financières du groupe, le plan d’affaires prévoit de faire passer l’Ebitda consolidé de 30,3 millions en 2012 à 53,7 millions en 2015, pour une progression du chiffre d’affaires net de 352 à 375,6 millions.
Si Gras Savoye verse depuis trois ans des dividendes supérieurs à ses résultats, sa structure de bilan n’inspire pas de craintes. Il lui reste 50 millions d’euros de dette bancaire amortissable à rembourser sur une dette senior initiale de 145 millions en 2009. L’activité dégage par ailleurs beaucoup de trésorerie.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCatastrophes naturelles : jouer collectif pour la prévention
Face au coût abyssal des canicules et des incendies estivaux, la France doit doper sa stratégie d'anticipation en s'inspirant du modèle public-privé des indemnisations -
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire