Goldman Sachs cède à son tour des actifs dans les matières premières
Le désengagement des grandes banques américaines du marché des matières premières continue. Goldman Sachs a annoncé lundi soir avoir finalisé la vente de Metro International Trade Services (MITS), sa filiale spécialisée dans le stockage de métaux non-ferreux (aluminium, cuivre, plomb, nickel, zinc,…). Acquise en 2010 pour 550 millions de dollars (450 millions d’euros), l’entité a été rachetée par le fonds d’investissement suisse Reuben Brothers, pour un montant non communiqué.
Particulièrement succinct, le communiqué de Goldman Sachs illustre le profil bas adopté par les établissements de Wall Street, qui depuis plusieurs mois sont suspectés de manipuler les cours des matières premières et de gonfler leurs revenus de stockage via leurs entrepôts.
Dans un rapport publié le 20 novembre, une commission du Sénat américain avait notamment pointé du doigt l’activité de Nufcor, une filiale de Goldman Sachs qui commercialise de l’uranium, et de MITS. Selon le rapport, MITS avait conclu des accords pour gonfler artificiellement les transferts d’aluminium d’un entrepôt vers un autre, entraînant une baisse des stocks disponibles et une hausse des prix. Pour sa défense, Goldman Sachs avait expliqué que depuis 2008 aucune pénurie d’aluminium n’avait été constatée et que son prix avait baissé. Jacques Gabillon, le directeur des activités de matières premières, avait en outre indiqué qu’un processus de cession de MITS était en cours, plusieurs acquéreurs s’étant manifesté en Europe, en Russie et en Chine.
Le rapport de la commission citait également les activités de JPMorgan, qui a finalisé début octobre la vente de certains actifs au groupe de négoce suisse Mercuria. Initialement valorisée en mars à 3,5 milliards de dollars, la transaction a rapporté 800 millions de dollars à JPMorgan, Mercuria ayant finalement laissé de côté des actifs dans le pétrole et le stockage de métaux.
Outre les cas de Goldman Sachs et de JPMorgan, le Sénat avait également relevé que Morgan Stanley, via ses entrepôts, pouvait accumuler jusqu’à 55 millions de barils de pétrole, l'équivalent de trois jours de consommation moyenne aux Etats-Unis. La banque américaine, qui avait signé fin 2013 un accord préliminaire avec le russe Rosneft afin de lui céder son activité de négoce et de stockage de pétrole, a abandonné les discussions ce lundi, sur fond de sanctions contre la Russie.
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