Generali peine à rassurer pour 2012
Generali, le dernier grand assureur à publier ses comptes 2011, n’a pas échappé au contexte financier ayant affecté ses concurrents. Le groupe italien a passé une charge exceptionnelle de 1,02 milliard d’euros sur des valeurs mobilières – un montant supérieur aux anticipations des analystes. Sont principalement concernées les obligations d’Etat grecques (lesquelles ont été dépréciées de 76%) et sa participation de 30,6% dans Telco, le holding qui contrôle Telecom Italia.
Ces éléments ont contribué à faire plonger de moitié le résultat net de Generali, à 856 millions d’euros. La compagnie a dû réduire son dividende à 0,20 euro par action, contre 0,45 euro l’année précédente, alors que son concurrent allemand Allianz a maintenu le sien. L’annonce du groupe italien a ainsi déçu les analystes et les investisseurs. «Avec un rendement inférieur de 1,52 point à la moyenne du secteur de 4,7%, une solvabilité inférieure à la plupart de ses concurrents et le besoin de financer le rachat des parts de son partenaire dans la société commune en Europe centrale en 2014, les probabilités d’une progression du dividende sont faibles», indiquent les analystes de Credit Suisse. Le titre a clos en baisse de 4,63% hier, à 12,56 euros.
Excluant les éléments opérationnels, le bénéfice d’exploitation est resté stable, à 3,9 milliards d’euros. L’activité d’assurance dommages a fait preuve de solidité, son résultat progressant de 38%, à 1,56 milliard. Mais, à l’instar du secteur, l’assurance vie a souffert de la chute des marchés au second semestre: son bénéfice a reculé de 16%, à 2,54 milliards.
Cependant, Generali est parvenu à maintenir son ratio de solvabilité au cours du quatrième trimestre 2011 (à 117%). Au 1er mars 2012, ce ratio prudentiel s’est même considérablement renforcé (à 132%), essentiellement grâce à l’amélioration des conditions de marché et au resserrement des spreads sur les obligations souveraines italiennes. En outre, le ratio combiné de son activité IARD a reculé à 96,5%, contre 98,8% en 2010.
Les dirigeants du groupe italien se sont surtout appliqués à donner des perspectives aux marchés, mais en restant peu précis sur les échéances de leurs objectifs. Ils veulent ainsi dépasser les 5 milliards d’euros de bénéfice d’exploitation «à moyen terme». L’objectif 2012 est compris entre 3,9 et 4,5 milliards d’euros. Les cessions d’actifs jugés non stratégiques seront poursuivies.
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