Fusion imminente entre Caixabank et Banca Civica

Cette opération donnerait naissance au premier groupe bancaire en Espagne, en termes de volume d’actifs, devançant BBVA après le rachat d’Unnim
Isabelle Birambaux, à Madrid

L’entité catalane Caixabank est donc entrée dans la course à la consolidation du secteur financier espagnol qui doit s’achever cette année selon le calendrier gouvernemental. C’est sur Banca Civica que Caixabank semble avoir jeté son dévolu puisque, selon Cinco Días, Caixabank vient de finaliser l’examen des comptes de Banca Civica, entité née de la fusion de Caja Navarra, Cajasol, Caja de Burgos et Caja Canarias. Ce méticuleux processus d’audit alimente les rumeurs selon lesquelles le rachat de Banca Civica par l’entité catalane est imminent, même si les rumeurs d’une alliance avec Bankia ont également circulé.

Carlos Tusquets, président de l’European Financial Planning Association (EFPA), écarte cette possibilité en raison des difficultés que supposerait l’absorption d’une «entité de taille similaire», «plus difficile à gérer», sans compter les rivalités politiques entre Barcelone et Madrid qu’entraînerait une telle alliance. Par contre, une fusion entre Caixabank et Banca Civica permettrait non seulement à Caixabank de devenir le numéro un en Espagne mais aussi de s’étendre géographiquement.

«Caja Navarra et Caja de Burgos sont des entités solvables, mais Cajasol et CajaCanarias présentent une forte expostion au risque promoteur du secteur immobilier», indique Carlos Tusquets. C’est cette exposition et ces nécessités de provision qui inquiètent d’ailleurs Banca Civica qui doit présenter avant samedi prochain son plan d’assainissement d’actifs immobiliers tel que le prévoit la réforme du système financier adoptée par Madrid en début d’année.

Nuria Alvarez, analyste chez Renta 4, estime que la fusion pourrait justement faire partie de ce plan d’assainissement que compte présenter la caisse. «Banca Civica doit se provisionner à hauteur de 1,2 milliard d’euros et apporter un capital additionnel de 780 millions», souligne Nuria Alvarez. «Si l’entité n’arrive pas à présenter de plan de viabilité, il est fort possible qu’elle soit mise aux enchères», souligne-t-elle.

De son côté, l’entité catalane négocie avec la Banque d’Espagne l’obtention d’une aide. «Lors des récentes opérations de fusion menées à bien par BBVA et Sabadell, le marché avait réagi très positivement au schéma de protection d’actifs». Mais l’analyste explique que ce schéma est seulement associé à une mise aux enchères, en ajoutant que le marché pourrait réagir négativement en l’absence d’aide publique.

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