François Pérol quitte BPCE pour Rothschild
François Pérol referme un chapitre de neuf ans chez BPCE. Le président du directoire du groupe bancaire, où il était arrivé en mars 2009 en provenance de l’Elysée, a remis sa démission au conseil de surveillance. Challenges avait révélé l’information jeudi après-midi.
Le conseil de surveillance, réuni hier soir, lui a déjà trouvé un successeur, Laurent Mignon. Le directeur général de Natixis, dont le nom avait récemment été avancé comme choix potentiel de la Société Générale pour remplacer Didier Valet au poste de directeur général adjoint, fait figure de remplaçant naturel. Avec François Pérol, ils ont été, chacun, à leurs postes respectifs, les grands artisans du redressement du groupe mutualiste et de sa filiale cotée. Sa prise de fonctions sera effective au 1er juin. François Riahi, qui codirigeait la banque de grande clientièle de Natixis avant d'être nommé en fin d’année dernière directeur financier du groupe BPCE, serait pressenti pour lui succéder, d’après une source syndicale.
Le départ de François Pérol en a surpris plus d’un, hier, en interne. Fin novembre 2017, cet inspecteur des finances âgé de 54 ans présentait encore le nouveau plan stratégique de la banque, dont l’horizon 2020 coïncidait avec l’échéance de son mandat. Plus ne rien ne s’opposait à ce que celui-ci se déroule dans la sérénité : en juin 2017, François Pérol, poursuivi pour prise illégale d’intérêt, avait été relaxé en appel de ces accusations. Un jugement qui lui offrait aussi la possibilité d’être sollicité par d’autres groupes, fait remarquer un bon connaisseur de BPCE.
De fait, le dirigeant devrait retrouver Rothschild & Co alors que David de Rothschild laissera, le mois prochain, la présidence exécutive du groupe à son fils Alexandre. Selon des sources bien informées, François Pérol deviendrait coprésident du group executive committee aux côtés de Nigel Higgins, en remplacement d’Olivier Pécoux. Ni BPCE ni Rothschild ne commentent.
François Pérol a déjà été associé de la maison de l’avenue de Messine entre 2005 et 2007 ; il y avait notamment conseillé les Banques Populaires lors de la création de Natixis, avant de rejoindre l’Elysée comme secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy. C’est de là qu’il avait été appelé, en pleine crise financière, à prendre les rênes des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, et à concrétiser l’union de deux réseaux affaiblis qui se regardaient en chiens de faïence chez leur filiale commune Natixis.
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