Fondiaria-Sai et Unipol se résignent à un mariage à l’italienne
C’est une solution italienne, de la dernière chance, qui a finalement été trouvée pour sauver Fondiaria-Sai, convoité un temps par Groupama. Le troisième groupe d’assurance de la péninsule va fusionner avec Unipol, assureur issu du monde coopératif, a annoncé ce dernier, vendredi, en détaillant l’accord passé avec la famille Ligresti, principale actionnaire de Fondiari-Sai. Ce projet apparaît très complexe, car il implique aussi la holding de la famille, Premafin, qui contrôle 35% de Fondiaria-Sai. Il prévoit en effet «l’intégration par fusion entre Unipol Assicurazioni, Premafin, Fondiaria-Sai et sa filiale Milano Assicurazioni» et ne pourra se réaliser, que s’il obtient de la Consob, le feu vert l’exemptant de l’obligation de lancer une OPA sur ces deux compagnies.
Les deux parties ont jusqu’au 27 janvier pour poursuivre leurs négociations exclusives. Dans un premier temps, Unipol va racheter les 51,3% de parts détenues par les Ligresti dans Premafin et lancera ensuite une offre sur le reste du capital pour un montant total de 150 millions d’euros. Puis, Premafin avalé par Unipol souscrira (à hauteur de sa participation de 35% dans Fondiaria) à l’augmentation de capital de 750 millions d’euros, que la compagnie a annoncée en décembre pour restaurer sa solvabilité et faire face à la perte de 925 millions d’euros enregistrée sur l’exercice 2011. Ce n’est qu’après que se fera l’agrégation entre les quatre entités.
Les dettes et l’urgence de trouver de l’argent frais ont eu raison du clan Ligresti, les contraignant à se mettre en retrait, sous la pression de Mediobanca et UniCredit, les principales banques créditrices de Premafin et de Fondiaria-Sai pour près de 1,5 milliard d’euros. «C’est une opération de système. Au final, la solution la moins douloureuse pour les banques, car Fondiaria-Sai ne tenait plus debout financièrement. De son côté Unipol est plus solide, car il s’est restructuré après son raid raté sur la banque BNL en 2005. Mais cette opération va l’obliger à faire à nouveau appel au marché», souligne un analyste milanais.
Une recapitalisation estimée entre 700-800 millions et 1 milliard d’euros. A l’arrivée, le nouveau groupe détiendra 31% à 32% du marché de l’assurance dommage et 10% de l’assurance vie. Mais «il devra céder des actifs pour éviter des problèmes avec l’Antitrust et perdra sûrement des agents généraux», prévient l’analyste.
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