Erste Bank illustre les difficultés du secteur bancaire autrichien
Erste Bank a annoncé la couleur vendredi, et elle est plutôt sombre. Pour l’exercice en cours, la banque autrichienne prévoit de passer, comme en 2013, 1,7 milliard d’euros de provisions pour risques de crédit, un montant susceptible d’être réduit de 5% tout au plus. Le consensus des analystes misait plutôt sur 1,4 milliard. De même, le bénéfice opérationnel avant provisions devrait rester stable en 2014, autour de 3,1 milliard d’euros, donc en dessous des 3,4 milliards attendus.
«Nous restons prudents quant au coût du risque sachant qu’à ce stade nous commençons juste à prendre part à l’asset quality review, a déclaré Andres Treichl, le directeur général de Erste Bank, en référence à la revue de la qualité des actifs menée par la Banque centrale européenne, sur 128 banques de la zone euro. D’ici à la mi-année nous aurons une vision plus claire de ce que cela signifie pour nous». Il n’en fallait pas plus pour inquiéter les investisseurs: le cours d’Erste Bank a plongé de 9% en séance vendredi, sa plus forte baisse depuis juin dernier.
La banque pâtit aussi des inquiétudes sur sa compatriote Hypo Alpe Adria, l’une des quatre banques nationalisées par l’Autriche depuis la crise de 2008. Les établissements privés refusent de participer à la création d’une bad bank publique, tandis que le gouvernement brandit la menace du dépôt de bilan, qui pénaliserait les créanciers obligataires.
Pour autant, la situation n’a pas d’impact immédiat sur la notation des autres banques autrichiennes, a estimé vendredi Fitch Ratings qui ne s’attend pas à une insolvabilité d’Hypo Alpe Adria. Il n’y a pas de risque de contagion pour les grands établissements du pays, juge également Simon Adamson, analyste chez CreditSights. Ce dernier souligne en revanche que le gouvernement pourrait forcer BayernLB à partager les pertes. L'établissement allemand avait racheté la banque à la région autrichienne de Carinthie en 2007, avant sa nationalisation.
Outre les difficultés de son marché domestique, Erste Bank fait face à d’autres défis. Le groupe est le troisième plus gros prêteur en Europe centrale et orientale, derrière l’italienne UniCredit et sa compatriote Raiffeisen Bank International. Si Erste Bank a arrêté les frais en Ukraine, en vendant à perte sa filiale locale fin 2012, elle reste numéro un en République tchèque et en Roumanie, et deuxième prêteur en Hongrie.
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