Erste Bank change d’avis en levant du capital pour rembourser l’Etat

Le prêteur autrichien va lancer un appel au marché de 660 millions d’euros. Un virage à 180 degrés par rapport à ses précédentes déclarations
Benoît Menou

Erste Group Bank solde l’héritage de la crise. Tout du moins sur son capital. La banque autrichienne, numéro trois en Europe centrale et de l’Est derrière sa compatriote Raiffeisen et l’italienne UniCredit, a en effet annoncé hier son projet de rembourser au troisième trimestre les aides publiques qu’elle a reçues, sous la forme du rachat du solde d’une participation à son capital pour 1,76 milliard d’euros. Ces titres sans droit de vote sont encore détenus à hauteur de 1,205 milliard par l’Etat autrichien et désormais pour 559 millions par des investisseurs privés.

Le prêteur justifie cette initiative par le coût croissant de cette participation à compter de l’an prochain. Erste Bank en attend un gain net de 149 millions d’euros au titre de l’exercice 2014 et de 158 millions pour 2015, et une économie encore plus importante les années suivantes, étant entendu qu’un dividende sera versé au pro rata au titre de 2013.

Pour ce faire, la banque espère lancer au troisième trimestre, si les conditions de marché le permettent, une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription pour 660 millions d’euros. De quoi lui permettre d’afficher un objectif de ratio core tier 1 de 10% sous Bâle 3 à fin 2014. Erste Bank souligne que cet indicateur se situait à 9,9% au 31 mars dernier en tenant compte des opérations ci-dessus. La banque rappelle qu’une évolution réglementaire en Roumanie en 2015 devrait avoir un impact négatif complémentaire de 0,4 point.

Il y a deux mois encore, Erste Bank disait pourtant ne pas avoir besoin d’un appel au marché. Ce revirement a entraîné une chute de 8,5% de son action. Erste devance ainsi Raiffeisen, autre banque sous perfusion de Vienne, qui a confirmé qu’une augmentation de capital était envisageable en fonction des conditions de marché.

Erste ne promet pas de lendemains qui chantent à ses actionnaires. Elle s’attend au maintien de taux de croissance «modérés» dans sa région d’influence en dépit d’une «modeste amélioration» au second semestre. Pis, elle a abaissé hier sa prévision de résultat opérationnel 2013.

Du fait d’un repli des revenus partiellement compensé par une baisse des charges, la banque renonce à l’objectif de stabilité du résultat et table désormais sur un recul pouvant aller jusqu’à 5% par rapport aux 3,47 milliards engrangés en 2012. Le groupe vise toujours un retour dans le vert de sa filiale roumaine BCR dès cette année.

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