Dexia poursuit son démantèlement avec la cession de BIL
Dexia a franchi une nouvelle étape de son démantèlement avec la vente de sa filiale de banque de détail et de banque privée Dexia Banque Internationale à Luxembourg (BIL), soit sa deuxième sortie après la nationalisation de Dexia Banque Belgique en octobre.
Le groupe a conclu un protocole d’accord contraignant en vue de la cession de 99,906% de BIL à Precision Capital, un groupement d’investisseurs qatariens, et au Luxembourg, pour un montant de 730 millions d’euros. A l’issue de l’opération encore soumise aux autorisations réglementaires et de la Commission européenne, Precision Capital détiendra 90% de BIL et le Luxembourg le solde.
«Nous avons un investisseur financièrement solide et cela était important, a déclaré le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, à Bloomberg. Il était important de sortir BIL de ce groupe qui avait un certain nombre de problèmes structurels.» Il s’attend à obtenir les autorisations nécessaires d’ici quelques semaines.
L’opération n’intègre pas les participations de BIL dans Dexia Asset Management et dans RBC Dexia Investors Services. Le portefeuille de titres obligataires de 12,2 milliards d’euros à fin juin détenu par BIL, qui fait partie de la legacy division du groupe, et la participation de BIL dans Dexia LDG Banque et Parfipar seront transférés à Dexia.
«Le prix de cession est un peu en deçà des attentes. Mais cela reflète les conditions de marché», estime Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW. Il tablait sur une valorisation de BIL d’environ 900 millions d’euros, retraitée des participations de la filiale, tandis que la presse évoquait un montant d’un milliard. «Ce qui est intéressant pour les acheteurs, mais pas pour les actionnaires de Dexia, c’est que les actifs legacy où il y a des moins-values latentes restent chez Dexia», poursuit l’analyste.
Contrainte au démantèlement, Dexia cherche également à céder sa division de gestion d’actifs, Dexia Asset Management, ainsi que sa banque de détail en Turquie, Denizbank, tandis qu’en France, la Caisse des dépôts et la Banque Postale doivent reprendre ses activités de financement des collectivités locales.
Quant aux 45 milliards de garanties temporaires apportées par la France, la Belgique et le Luxembourg pour permettre à Dexia de se financer jusqu’à fin mai 2012, le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, prévoit d’annoncer aujourd’hui «une décision positive» à ce sujet.
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