Dexia Crédit Local sort d’un métier compliqué avec la cession de Sofaxis
Dans le cadre du démantèlement ordonné du groupe Dexia, sa filiale française Dexia Crédit Local (DCL) est entrée hier en négociation exclusive avec la Société hospitalière d’assurances mutuelles (Sham), en vue de lui vendre Sofaxis, courtier en assurance et protection sociale pour les collectivités locales et les établissements hospitaliers. La Sham est accompagnée dans son projet par «un consortium incluant des mutuelles de la fonction publique», précise Dexia. Les discussions doivent s’achever dans les semaines qui viennent.
Le processus a été relativement long. Barclays Capital avait été mandatée en juillet 2012, mais les offres non contraignantes des candidats n’ont été déposées qu’en mars. Sofaxis, qui ne communique pas, aurait réalisé 52 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011, ce qui en faisait à l’époque le 14e courtier en assurances français, selon un consultant. Si aucun prix n’est communiqué, le montant de 100 millions d’euros évoqué par la Lettre de l’Assurance (soit deux fois le chiffre d’affaires) ne paraît pas aberrant. «C’est un multiple relativement bas dans le courtage d’assurance – où il atteint parfois trois fois les revenus – qui illustre la difficulté du dossier», indique un professionnel.
En effet, les collectivités locales sont l’un des secteurs où les arrêts de travail sont les plus fréquents en France. C’est une activité difficile à équilibrer, dont beaucoup d’assurés tendent à «consommer» la totalité de leurs primes. Dans le courtage, il n’est pas aisé de trouver des porteurs de risques prêts à couvrir les collectivités. En outre, la spécialisation de Sofaxis ne facilite pas les choses, alors que ses concurrents (Henner, GFP Assurances…) sont plus diversifiés. Enfin, la croissance de l’activité est limitée: le chiffre d’affaires 2004 atteignait 45 millions d’euros, selon le consultant.
Reste que les synergies sont potentiellement importantes avec la Sham (301 millions de revenus en 2012), spécialisée dans la santé et le médico-social. Mais «la responsabilité civile médicale est elle-même une activité délicate. Les préjudices peuvent être majeurs, ce qui nécessite un pilotage très fin des risques», rappelle un observateur. «Sham et Sofaxis sont parfaitement complémentaires, tant au plan de leurs activités que de leurs marchés et projets de développement», indique pour sa part la Sham.
Les négociations sont, quoi qu’il en soit, une bonne nouvelle pour DCL, qui a cédé Dexia Bail en avril.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Le Royaume-Uni d'Andy Burnham face à trois visions du Brexit
Alors que le congrès des travaillistes s’est ouvert ce dimanche, les think tanks pro-UE font pression pour approfondir les relations avec les Européens, face à un Premier ministre qui se montre prudent. -
Tribune libreCatastrophes naturelles : jouer collectif pour la prévention
Face au coût abyssal des canicules et des incendies estivaux, la France doit doper sa stratégie d'anticipation en s'inspirant du modèle public-privé des indemnisations -
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire