Dexia Banque Belgique veut faire table rase du passé
Dexia est morte, vive Dexia Banque Belgique. La nouvelle direction de la banque, rachetée par l’Etat belge en octobre à la suite de l’effondrement de Dexia, veut rompre avec le passé. L’entité centrée sur le détail et le financement du secteur public va changer de nom et tourner la page des aventures internationales. «L’épargne du marché belge est recyclée sur le marché belge», a dit hier Jos Clijters qui préside le comité de direction de la banque. Quatre des neuf membres du comité sont nouveaux, dont l’unique non-flamand de l’équipe.
Alfred Bouckaert, qui en a pris hier la présidence, a annoncé un «conseil d’administration professionnalisé», autrement dit sans les représentants des communes, des régions et des institutions mutualistes qui y siégeaient. Il veut disposer «sous une centaine de jours» d’une «stratégie locale». La question des bonus pour 2011 est déjà tranchée : il n’y en aura pas.
Dexia Banque Belgique affichait une perte de 1,1 milliard d’euros au troisième trimestre 2011. Sans les éléments exceptionnels tels que la moins-value sur les titres grecs (979 millions), celle sur Dexia Asset Management (147) et sur la réduction du portefeuille hérité de Dexia Groupe, le résultat aurait été, selon Jos Clijters, de 361 millions. Il estime la capacité de bénéfice annuel du groupe à 500 millions. La banque, qui occupe la troisième ou quatrième place du marché belge en détail avec 3,8 millions de clients, en banque privée (45.000 comptes) et en financement des PME, caracole en tête pour le financement des collectivités locales et du secteur public et social où elle a 33 milliards d’euros d’engagement. Elle conserve aussi un important portefeuille, notammnent obligataire, de 26 milliards.
Une hypothèque continue toutefois de peser sur la normalisation complète de son activité: son exposition au groupe Dexia. DBB était «le centre de liquidité du groupe», a expliqué Jos Clijters, ce qui explique la colossale «ligne intra-groupe» de 56 milliards, dont 22,6 milliards non collatéralisés, qui reste dans son bilan. L’Etat belge s’est engagé à garantir cette exposition mais ne l’a pas encore fait. «Je suis confiant dans le fait que très vite ces garanties seront opérationnelles», a dit Jos Clijters qui dit vouloir compter en «jours plutôt qu’en mois». La réduction de cette exposition devrait, elle, intervenir sur plusieurs mois, voire années, exposant l’Etat belge à la partie française de Dexia.
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