Deutsche Bank veut tourner la page de son expérience dans les casinos
Deutsche Bank voudrait tourner la page de son aventure dans les casinos. Non qu’elle cherche à fermer un quelconque desk de trading: il faut comprendre le mot au sens propre du terme. Selon l’agence de presse Bloomberg, qui cite trois sources proches du dossier, l’établissement allemand discuterait avec – au moins – quatre prétendants pour le complexe de loisirs et de résidences Cosmopolitan, situé à Las Vegas et qui comprend hôtel, casino, salles de spectacles, restaurants, mais aussi des appartements en condominium. Il chercherait à tirer de la vente entre 1,5 milliard et deux milliards de dollars, selon les estimations.
Deutsche Bank enregistrera probablement une moins-value si elle parvient à ses fins. Le complexe n’a jamais fait de bénéfices. La banque a dû déprécier l’actif fin 2011, décision qui a alimenté la perte surprise affichée au quatrième trimestre. Au démarrage des travaux en octobre 2005, la construction du bâtiment était sensée coûter 1,8 milliard de dollars et ouvrir mi-2008, selon les communiqués de presse de l’époque. Aujourd’hui, l’établissement allemand a une créance de 3,5 milliards de dollars à l’égard de Nevada Property 1, la maison-mère du Cosmopolitan.
Deutsche Bank a mis la main sur le complexe en 2008. Le promoteur immobilier 3700 Associates avait fait défaut en janvier de la même année sur une ligne de prêt de 760 millions de dollars contractée auprès de la banque. Fin février, Global Hyatt Corporation et le gestionnaire de dettes Marathon Asset Management (déjà créancier junior du projet à hauteur de 125 millions) avaient accepté de recapitaliser le projet, mais un mois plus tard, 3700 Associates déclara que Deutsche Bank allait entamer la procédure de saisie. L’établissement se retrouva donc propriétaire du projet au cours de l’été et le Cosmopolitan put ouvrir en 2010, non sans avoir traversé d’autres péripéties, notamment l’échec de partenariats avec Hilton Worldwide et MGM Resorts.
Deutsche Bank s’est retrouvée exposée au mauvais moment à ce secteur, victime de la chute de ses revenus et des prix de l’immobilier à partir de 2008, en raison de la crise financière. En 2011, l’exposition de Deutsche Bank au secteur des casinos de Las Vegas connut son apogée: selon le Financial Times de l’époque, elle avait atteint 4,9 milliards de dollars, en incluant également une dette d’un milliard et une participation de 25% au capital de Station Casinos, détenteur de plusieurs établissements de jeu dans la région.
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